Edouard Manet, refusé au Salon, adopté par Christine
Le jeune Edouard rêve de peinture ; mais voilà, papa
magistrat n’aime pas ; plutôt officier de marine ? ou fonctionnaire
(dans la magistrature, bien, sûr) ? Non ! Edouard préfère la peinture ; son professeur, Couture, peintre établi,
n’aime pas les rebelles ; ça tombe mal ! séparation à l’amiable. Alors "Le Salon", peut-être, pour se faire connaitre ? Loupé ! Edouard est refusé. La trajectoire
sans faute d’un non-conformiste têtu.
Edouard a compris. Le raté a choisi sa voie. Il
sera…lui-même.
La suite ; une vie en dents de scie. "Refusé", puis "Honorable" puis "Refusé", puis "Repêché"... l’Impératrice l’aidera discrètement à créer
« Le Salon des Refusés », que l’empereur boudera. « Le
bain », « Le déjeuner sur l’herbe »,
« Olympia » : la bourgeoisie de Paris se presse pour voir
ça…et crier au scandale. Alors il créera « Le Christ aux anges »,
pour se racheter, et sera…refusé…mais célèbre.
La vie de Manet est racontée avec passion dans ce livre d'Albert Flament, que Christine nous apporte sous une belle livrée noire et rouge.
Ce traité d’anatomie artistique en deux volumes : 1
L’homme, 2 La femme, est en fait un cours de dessin à destination des élèves
des Beaux-Arts, et a pour but de dégager les formes caractéristiques des
deux sexes. On ne s’étonnera pas qu’il soit l’œuvre d’un médecin, Paul Richer, lequel, mieux que personne, connait les structures internes de l’être humain, lesquelles seules permettent d’en comprendre les formes extérieures, et
mieux encore la cinématique des mouvements.
Les deux textes ne sont pas indépendants, car en fait la
structure de base des deux sexes est la même, et fait essentiellement l’objet
du premier volume : l’homme, qu’il faut comprendre au sens de
« l’être humain ». Seules les masses musculaires plus apparentes chez
l’homme-masculin justifient la spécificité de ce premier tome. Le second tome s’appuie sur cette structure commune
pour la complémenter des volumes charnus ou graisseux plus spécifiques à la
femme.
L’ensemble porte uniformément la rigueur scientifique du médecin ; et c’est à l’artiste qu’il appartient de recomposer ces données pour figurer, à son gré, mouvements corporels, expressions du visage, effets de puissance ou de délicatesse des corps… qui constituent l’âme de son projet artistique
Cocteau, l'homme orchestre, relié par Christine
Ce recueil de poèmes de Jean Cocteau le poète peut à lui
seul donner une idée de Jean Cocteau, l’homme. Poésie fantasque, désordonnée,
désarticulée, douce puis brutale à l'avenant …elle surprend à peine chez cet homme
kaléidoscope, écrivain un jour, poète un autre, homme de théâtre, cinéaste,
metteur en scène, peintre, dessinateur...; Cocteau est tout cela et
laissera son empreinte sur tous les terrains de la culture.
Quant à sa poésie, elle surfe sur la langue française en jouant des ambiguïtés, des évocations, des double-sens …de sorte que sa lecture réclame à minima un certain effort d’analyse….
« …Persiennes vous êtes côtes / de crucifié sur la mer,/ Fenêtres on compte les côtes/ entre vos bras de verre ouverts ».
Oserait-on parler (un peu) d’hermétisme ? (ndlr). Au lecteur de juger.
C'est dans une robe assez simple (une fois n'est pas coutume), que Christine habille son ouvrage.





Les idées et la réalisation sont magnifiques !
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