Qui sommes nous ?



*************** QUI SOMMES NOUS ?
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Nous sommes une association d'amateurs qui pratiquons la reliure pour notre propre plaisir. Notre local se situe à Draveil, au fond de l'allée du Portugal, qui longe la base de Loisirs.
Notre atelier est ouvert les Samedi matin (9h-12h) et après-midi (14h-17h), en présence de notre professeur, Mme Royer; mais également le Mardi matin et le Jeudi matin, sans cette dernière, et cela toute l'année à l'exception des jours fériés du calendrier.
Nous recevrons avec plaisir toute personne intéressée par la mise en valeur ou la sauvegarde des livres, pour connaître notre travail, nous voir à l'ouvrage, poser des questions au professeur, éventuellement s'inscrire à notre atelier, pourquoi pas ? ... cela à tout moment de l'année.
Donc à bientôt.........


Un mot du Président.
Ce blog est le blog de tous les Lieurs. Chacun peut y intervenir librement, insérer du texte, des photos,... Il n'y a pas de censure. Certes, on le constatera; la signature est le plus souvent celle du Président...timidité ? réticence devant l'ordinateur ? Allez savoir ! Peu importe; qui a choisi le rôle de l'animateur se doit de l'assumer !
Mais là n'est pas mon propos. Animateur, certes, mais pas formateur (il y a un professeur pour cela). Dans mes articles, je présenterai des travaux d'adhérents. Je n'ai pas qualité pour les juger. Le choix des œuvres présentées ne résulte que de la bonne volonté des adhérents de me les confier pour les photos. Les remarques que j'y ferai ne reflètent que l'impression d'un quidam qui, certes, aime les beaux livres, mais sans compétence particulière sur le sujet. Je me donne la position d'un journaliste, aucunement celle d'un spécialiste. Je tenais à préciser ce point, afin qu'il n'y ait pas de malentendu.




mercredi 12 septembre 2018

La fête des associations à Draveil...et à Montgeron

Le Président des Lieurs de Sénart serait-il un peu "m'as-tu-vu?".
Il était présent, comme il se doit, à la fête des Associations de Draveil. Mais selon certains, on l'aurait aperçu également, la veille, à la fête des Associations à Montgeron.

Eh oui ! Certes, à Montgeron, nous n'avions pas de stand. Il a fallu se contenter de distribuer des fliers. Mais le déplacement valait la peine; prises de contact, projets de coopération... on sème des petites graines, qui donneront, peut-être, un jour des fruits.

Le lendemain à Draveil, notre stand était bien en place, comme d'habitude. Certes, la reliure n'a


jamais attiré les foules; mais avec un peu de technique et de pédagogie, ça fonctionne: accrocher les gens, les intéresser, expliquer, parler, parler...
 Pour ce qui est des résultats, on verra plus tard, quelques stages sans doute ; une ou deux inscriptions peut-être, qui sait ?

Merci à ceux qui sont venus aider. Pierre T., Edmond, qui ont bien voulu tenir le stand un moment, Claude B. qui m'a secondé à l'heure du repas, Alfred, qui a même joué un temps, pour nous, le rôle de rabatteur. Quelques autres ont eu la gentillesse de passer: Marylène, Michèle; on n'y est pas insensible. Sans oublier le passage de Monsieur le Maire, vers 17h30, mais rien de nouveau pour ce que vous voudriez savoir (déménagement ?).

Rédigé par Camille

mardi 21 août 2018

Un fort coup de Maillet

Aujourd'hui, c'est Danielle Maillet qui fait très fort avec deux ouvrages que nul ne pourra trouver dans le commerce. Ces deux volumes sont en effet construits à partir des notes manuscrites d'Henri Maillet, le beau-père de Danielle, dactylographiées par elle puis tirées sur imprimante et enfin constituées en cahiers par couture machine.


Ces pages rassemblent les souvenirs de ce personnage haut en couleurs; souvenirs d'une famille, souvenirs des temps de guerre, souvenirs des nombreux métiers qui le mèneront de l'apprentissage en photogravure aux bureaux d'étude de la Société "Gaumont" films, bilan d'une vie en quelque sorte.









 Il  faut saluer le travail de Danielle qui, de la saisie des mémoires sur l'ordinateur jusqu'au décor des volumes et des coffrets a fort joliment pérennisé ces souvenirs familiaux, qui auraient pu aussi vite tomber dans l'oubli.







 Les deux volumes  sont traités dans des chagrins respectivement rouge et bleu, pour une reliure classique "à la française" à 4 nerfs.

Sur les deux plats, des incrustations en forme de maillets, livrent sous une forme de rébus le nom de l'auteur et héros principal des ouvrages. On s'amusera à retrouver les lettres de "M.A.I.L.L.E.T" à l'intérieur de l'objet du même nom.

 Un agrandi du monogramme est représenté ci-dessous (cliquer dessus pour agrandir),  dont les lettres sont  




réalisées par Danielle sur parchemin recouvertes à la feuille d'or après dépôt de "l'assiette". On notera également les beaux papiers à la cuve qui ont été utilisés pour les gardes-couleurs, dans des tons assortis aux cuirs de la couvrure.



Il n'y a pas de bijoux sans les coffrets qu'ils méritent, représentés sur les photos ci-dessous.
 Les papiers de garde précédents se prolongent ici pour l'habillage des coffrets, et de même les cuirs des couvertures se retrouvent au niveau des bords d'ouverture, dans un souci minutieux d'assortiment.


Impossible de terminer ce reportage sans une remarque: aux Lieurs, on ose tout: on écrit les livres que l'on va relier, pour lesquels on fabrique des coffrets...; bientôt peut être y fabriquera-t-on même le papier !!!

Reportage réalisé par Camille

vendredi 17 août 2018

On dore bien chez les Lieurs...

 ....en effet, par des acquisitions diverses, l'atelier s'est doté progressivement d'un matériel suffisamment complet pour permettre toutes les opérations classiques de la dorure.

De ce fait, les Lieurs sont de plus en plus nombreux à réaliser eux-mêmes les titres des livres.


 C-contre, une gamme complète de polices Elzévir, de la taille 801 (norme Elzévir) à la taille 810, munie de tous les composteurs assortis.

Quelques boites supplémentaires sont également disponibles à l'atelier.




Ci contre, à gauche, une gamme graduée de palettes, de la taille 4mm à la taille 75mm.  A droite une gamme (presque) complète d'arcs de cercle (prop. CG).









 Ci-contre, un grand nombre de fleurons de motifs les plus variés.

Le rack supérieur est une fabrication de notre ami Pierre T.



 Deux appareils de chauffage sont disponibles, ainsi qu'un grand nombre de rubans, sous les couleurs  les plus variées.














Notons encore ce dispositif pour aider à la réalisation des pièces de titre. Il se présente comme un T pouvant glisser sur une planche à dessin, mais pouvant être bloqué sur la planche à l'aide du dispositif à boulon prévu à son extrémité.
Les réglets de part et d'autre permettent de caler très précisément les distances entre les lignes de titre.

Le dispositif a été imaginé et réalisé par Camille et Pierre T.

jeudi 26 juillet 2018

Le décor par incrustation d'images

La technique d'incrustation d'images est une technique simple, mais qui permet moyennant un investissement modéré d'habiller des ouvrages avec un résultat attrayant et élégant.

Dans tous les cas, les incrustations sont réalisées simplement en ménageant des "fenêtres" adéquates dans une cartonnette que l'on collera sur le plat à décorer. Ces fenêtres se retrouvant en relief négatif après pose de la couvrure formeront ainsi les logements où viendront se loger les éléments du décor.

Paul et Roger nous en donnent quelques exemples à travers les trois ouvrages présentés ci-dessous.

Paul nous propose deux ouvrages que l'on ne saurait rapprocher en aucune façon. Le premier est un recueil de contes de Crébillon-fils, écrivain libertin et satiriste politique du XVIIIème; le second un recueil de textes des prophètes extraits de la bible et présentés en français moderne.




 Les deux ouvrages sont traités dans un même chagrin rouge, mais suivant des techniques différentes.
 Le premier est traité suivant le mode de reliure dit "à la française, par couture sur 3 ficelles.
 
Le second ouvrage est un épais volume moderne broché, qui ne peut donc être traité de la même façon (sauf un travail considérable de reconstruction de cahiers). La technique dite "d'emboîtage", par fils noyés a donc été préférée, conduisant nécessairement à un dos plat.





Les photos ci-contre montrent quelques détails de ces ouvrages. En haut, les tranchefiles très particulières sont réalisées par le relieur par tressage de fils sur baguettes plastiques.

 Au dessous sont détaillés à gauche l'image incrustée du 2ème ouvrage, à droite les pages de garde des 2 ouvrages coupées dans un papier à la cuve artisanal de type "plumes de paon".









Roger nous propose de son côté une édition des fameux "Carnets du Major Thompson", de Pierre Daninos, dans lequel le héros anglais, à travers ses démêlés avec son épouse française, fustige les travers de nos compatriotes d'une manière humoristique.





La technique utilisée est à nouveau celle de l'emboîtage à fils noyés, qui économise le démontage de l'ouvrage. Elle conduit naturellement à un dos plat.
La couvrure est traitée dans une alternance des couleurs bleu (cuir), blanc (papier, en fait plutôt grège), rouge (cuir), référence évidente à la France. Le papier grège au centre, papier artisanal à fibres naturelles, donne une touche surannée assez sympathique. 

Reportage réalisé par Camille

mardi 26 juin 2018

Les Lieurs soutiennent les bleus, mais...

...de là à sacrifier une petite collation estivale à l'atelier, non, quand même ! pas jusque là ! En tout cas, pas pour tout le monde !.
En effet, la rencontre France-Australie du mondial de foot 2018 promettait de faire beaucoup de tort à notre petite fête, devenue maintenant traditionnelle. Ce ne fut pas le cas. Douze relieurs avaient courageusement renoncé à l'incontournable repas télévision-football promis ce jour là, pour lui préférer l'ambiance amicale et chaleureuse de l'atelier, où les apports gastronomiques de chacun devaient supplanter largement le sandwich-frites-coca qu'ils auraient avalé devant leur télé.

Certes, la fête se trouvait un peu assombrie par l'annonce récente du décès de notre professeur, Marie-Odile, pour laquelle nous avions tous une pensée. Mais rapidement, la cohésion amicale du groupe, et, disons le, le vin aidant, la bonne humeur n'a pas tardé à revenir, comme en témoignent les quelques photos ci-après de la rencontre.













Au cours de cette petite fête, on ne devra déplorer qu'un seul incident, grave, qui aurait pu tourner au désastre absolu... l'absence de tire-bouchon pour ouvrir les bouteilles !

Heureusement, notre médecin Claude, qui n'a pas dû boire que de l'eau toute sa vie, nous a sauvés très ingénieusement de cette catastrophe: une vis, un tournevis et une pince, et voilà, le tour est joué.

Merci à Anne, Claude B., Christine, Edmond, Danielle, Paul, Marylène, Raymond, Régine, Robert, Roselyne de leur amicale présence, avec Camille en mouche bourdonnante, et franchement....

 ...ça n'a pas empêché les bleus de gagner, enfin, ce jour là !!!

Rédigé par Camille

jeudi 21 juin 2018

Les Lieurs en deuil

C'est une triste nouvelle qui nous est parvenue ce Jeudi 14 Juin 2018 en milieu d'après-midi; notre professeur de reliure, Mme Marie-Odile Hérault-Royer, venait de décéder à l'hôpital d'Angoulème, des suites d'une longue maladie.
Marie-Odile, que l'atelier a connue sous le nom de Mlle Royer, née le 13 Mai 1959, a acquis, après des études classiques, des compétences pointues en reliure à travers plusieurs diplômes et stages de formation.
- CAP Reliure -main en 1981
- Diplôme de l'Union Centrale des Arts Décoratifs (section reliure-dorure-décor du livre) en 1982
- Formation complémentaire Société Internationale des Maîtres de la Reliure d'Art à Gand (Belgique) en 1981
- Nombreux stages dédiés:
     - Dorure sur tranche" (Ecole Estienne,1982), Papiers marbrés (1983), Restauration de papiers (1983 et 1988), Décoration, maquette de livre (Ecole Estienne, 1983), Restauration du cuir (Vesinet 1987), Tranchefile antique (1988), Restauration du livre (BNF, 1990, 1991).

Photo communiquée par Jacqueline

 Elle obtient la Médaille de bronze des Arts-Sciences-Lettres en 1990.

Après cette formation, elle exercera à la Bibliothèque Nationale à la restauration des documents, puis aux Archives Nationales à la restauration des sceaux, où elle travaillait encore à l'annonce de sa maladie.

Elle aura rejoint l'atelier des Lieurs le 14 Octobre 1991.

Elle épouse Jean-Michel Hérault le 8 Octobre 2016 (cf article à cette date), qui l'accompagnera jusqu' à ses derniers jours.

C'est donc une amie, un guide et une grande professionnelle qui nous a quittés.

Ecoutons quelques uns de nos amis, qui ont connu Marie-Odile avant qu'elle n'entre en maladie:

Paulo: "Quand je suis arrivé au club « Les lieurs de Sénart » je ne connaissais rien à la reliure. Je suis donc parti de zéro et grâce à Marie Odile j’ai franchi les étapes qui m’ont permis d’arriver à relier mon premier livre.
Sa disponibilité, ses  encouragements lors des étapes qui parfois me semblaient insurmontables, ses démonstrations lors des difficultés, sa gentillesse font que j’ai persévéré et donc continué à rester au club.
Elle était une grande professionnelle du livre et grâce à elle j’ai découvert un monde qui était étranger pour moi. »

Marie-Thérèse: "Je suis très triste après avoir appris le décès de Marie Odile. 
Si je l'ai peu connue,  j'ai toutefois pu apprécier sa gentillesse, sa patience et son sourire en toute occasion. 
C'est vraiment une belle personne qui nous a quittés." 

Aurélie:  "Je n'ai pas eu la chance d'être l'élève de Marie-Odile... Mais elle m'a vivement conseillé de rejoindre les Lieurs de Sénart alors qu'elle s'était absentée. Mais elle parlait des Lieurs comme de ses petits, chaleureusement et avec tendresse. C'est ce qui m'a plu et que j'ai retrouvé au sein des Lieurs,une bande de joyeux drilles, souvent dissipés, qu'elle devait parfois gronder pour lutter contre les mauvaises habitudes des cours du mardi !!!Je garde un pincement au coeur de n'avoir pas pu côtoyer cette belle personne, pleine de talent à l'atelier de reliure de Draveil où je ne suis arrivée que tardivement" 

Gérard: "De Marie Odile j'aurai toujours  un excellent souvenir car elle a su en quelques années me rendre mordu pour une activité qui m'était inconnue. J'ai en mémoire mes difficultés à réaliser les tranchefiles et sa patience pour m'initier aux premiers élagages des replis de peausserie. J'avais encore tant de choses à apprendre d'elle."

Paul: "Cher Jean-Michel, c’est avec une grande tristesse que j’ai appris de départ de Marie-Odile pour un autre  monde. Je connaissais Marie-Odile depuis de nombreuses années , et j’ai particulièrement apprécié sa gentillesse, auprès de chacun de nous. Elle fut à notre écoute et nous a aidés à progresser, grâce à ses qualités de pédagogue et sa grande créativité. Si aujourd’hui, je pratique encore la reliure, je lui dois beaucoup et vous dis : un grand merci.
 Jean-Michel, je vous prie d’accepter, en ces moments difficiles que vous vivrez, toute ma sympathie."

Christine: "Marie-Odile, tu nous as avec tant de patience transmis ta passion. Plus jamais un livre dans mes mains ne sera sans une pensée pour toi" 

Claude V: "Nous sommes tous en grande peine d'avoir perdu notre mentor"

Marylène : "Je garderai le souvenir d'une professeure gentille, attentive, disponible et rigoureuse. Dès mes premiers cours le Samedi après-midi au Château, j'ai découvert que la reliure n'était pas un exercice de dilettante. Cela demandait de l'habileté, de la rigueur et de la concentration qui me faisaient défaut. Après quelques difficultés surpassées grâce à la bienveillance et aux conseils de Marie-Odile, j'ai persévéré. Débutante, j'avais encore beaucoup à apprendre de sa pratique.
Marie-Odile. ton souvenir restera présent au sein de ma maison. Tu as réparé avec minutie le dos déchiré d'un tome d'une envyclopédie du dix-neuvième siècle, relié cuir, et transformé en coffret. Offert par ma mère, cet objet a une grande valeur sentimentale et gardera l'empreinte de ton talent. J'en prends soin. Merci pour cette restauration délicate. Jean-Michel, je partage votre peine"    

Anne: "Dès l'annonce du décès de Maris-Odile j'ai adressé mes condoléances avec les mots du coeur à Jean-Michel, son époux, et aux Parents dans la peine.
C"est en janvier 1997 que j'ai rejoint l'Atelier Reliure. Marie Odile m'a montré, étape par étape, avec patience, l'art de relier un livre dans les différentes techniques.
J'ai noté gestes et vocabulaire , avec croquis à l'appui. C'était magique les gestes de Marie-Odile qui maîtrisait tous les matériaux : papier, carton, cuir, avec une telle aisance de professionnelle !
Marie-Odile m'a également appris les gestes délicats pour restaurer de vieux livres intéressants. J'aimais aussi beaucoup ses gardes-couleurs qui habillent la plus part de mes reliures.
Elle nous manque ... et je devine  bien difficile l'apprentissage des nouveaux inscrits sans sa présence , et  ses conseils précieux de tout son savoir."

Camille: " Je suis venu à la reliure avec l'idée de faire de la restauration, donc un peu à part de l'atelier. Loin de m'ostraciser, elle m'a mis le pied à l'étrier jusqu'à ce que je puisse vol(et)er de mes propres elles. Aujourd'hui responsable de l'atelier (mais pas formateur), je réalise à quel point elle nous fait défaut, particulièrement pour les nouveaux inscrits. Elle nous manquera beaucoup."

Ci-dessous un poème qui m'est transmis par Jean-Michel, écrit par une amie de Marie-Odile (cliquer dessus pour l'agrandir pour le lire mieux)

 


jeudi 7 juin 2018

Les décors en relief

La création de reliefs pour la décoration du livre ressort de techniques simples, mais dont l'effet décoratif est souvent surprenant. Les reliefs peuvent être réalisés suivant différentes techniques, soit en créant des formes indépendantes qui seront collées sur la couvrure générale, soit en collant directement des formes sur les cartons avant habillage par la peau de couvrure.

Camille et Claude B. ont mis ces idées en application à travers 3 ouvrages du début XXème qui les ont inspirés pour la création des reliefs.

L'intelligence des animaux

 Camille a choisi pour cela l'ouvrage ci-contre: "L'intelligence des animaux", d'Ernest Menault, lequel s'attache à mettre en évidence des formes d'intelligence insoupçonnées présentes dans tout le règne animal, depuis...l'huitre (!),  jusqu'au Chimpanzé, en passant par l'éléphant, etc...

La technique de relief mise en œuvre sera celle de la  forme sculptée dans du carton, revêtue in fine de la peau de couvrure..
En accord avec son époque, l'ouvrage est traité dans une pleine beau (basane), avec dos classique à 5 nerfs où viennent s'intercaler les pièces du titre. Les reliefs sont constitués de couches de carton sculptées, collées sur le plat puis revêtues de la peau de couvrure de l'ensemble. La mise en pression sous émalène assure un parfait habillage des sujets dans les moindres détails, pour autant que la peau de couvrure soit suffisamment mince (ici 3/10ème). Notons qu'en raison de cette faible épaisseur, une "précouvrure" de renfort (toile) a été prévue avant la pose du décor de façon à pallier à la faible résistance mécanique de la peau.
 
 La planche ci-contre autorise un zoom (cliquer dessus)  sur quelques détails particuliers.
A gauche, le dos à 5 nerfs montre les pièces de titre réalisées par le relieur.
Sur la droite, la tête de l'éléphant extraite du motif central du 1er plat montre l'étagement des 5 couches de carton, que l'on repèrera aisément.
Les gardes-couleurs sont d'un bleu uni assez proche des bleus généralement utilisés à cette époque pour ce type d'ouvrage.


Histoire de la peinture française

Claude B. mets en œuvre une technique de relief assez différente pour illustrer ce grand in-4 "Histoire de la peinture française (1300 à 1627)", de L. Dimier, consacré à la peinture de la fin du moyen-âge.
Le principe consiste à façonner préalablement un certain nombre de pièces qui, collées sur l'habillage général, constitueront à la fois le décor et le titre de l'ouvrage
 Le matériau constituant la couverture est une doublure de peau obtenue après refendage d'une peau épaisse de bovin, dont la fleur a été utilisée pour la confection d'un autre ouvrage. Ce type de matériau, généralement perdu, est ici utilisé astucieusement et apprécié pour son touché velouté.

 Ci-dessus, le livre ouvert montre le façonnage du dos sur 5 faux-nerfs en accord avec l'époque de l'ouvrage.
Les décors au centre des plats (à droite) reproduisent, en agrandi, deux croquis anatomiques tirés de l'ouvrage, attribués à l'artiste-ingénieur Villard de Honnecourt (an. 1225-1250 env.), représentant, pour le premier plat, un aigle, pour le second plat, une tête d'homme. Dans chaque croquis est inscrite une étoile censée délimiter géométriquement la figure. Claude reproduit ces figures en relief en habillant une forme en carton d'une peau noire sans grain, le tracé en blanc de l'étoile étant réservé en creux dans cette forme.

Les photos ci-contre précisent quelques détails propres à l'ouvrage.
Le titre de dos est composé à l'or sur pièce de titre.
Sur le premier plat, le titre "à la chinoise" est composé de lettres individuelles découpées dans du carton, puis habillées de peau sous pression à l'émalène, ce qui donne à chaque lettre cet effet d'enrobage.
L'intérieur est habillé d'un papier à fleurs de lys, avec charnière en cuir prolongeant la couvrure.

L'ensemble forme un tout très cohérent apportant plusieurs idées originales.
Merci à Claude pour cette contribution.

Avignon, et le Comtat-Venaissin

Cet ouvrage daté de 1929: "Avignon et le Comtat-Venaissin", de A. Hallays, fait le tour des principaux sites de la ville ainsi que ses environs, dans les limites du Comtat-Venaissin, terme qui désigne les états de l'Eglise avant la Révolution.

L'habillage, réalisé par Camille, exploite à fond le principe du bas-relief sculpté dans du carton et entièrement recouvert de cuir.



Une particularité de cet ouvrage est sa construction sans ficelle ni ruban, suivant un schéma de couture particulier apparenté à celui de la reliure copte.
La moitié haute du 1er plat est occupée par un relief représentant la façade du Palais des Papes, haut lieu historique de la ville. La partie basse est dédiée aux armoiries du Comtat représentant les clés de Saint Pierre, liées par un cordon, et qui symbolisent, l'une le pouvoir temporel, l'autre le pouvoir spirituel, réunis sous la seule autorité du Pape. Les deux "bas-reliefs" sont sculptés dans un empilage de cartons puis habillés par le cuir de couvrure général, refendu à l'épaisseur 3/10, et collé par pression sous émalène..

Les photos ci-contre donnent un agrandi sur quelques détails (cliquer dessus).
Les reliefs du Palais (partie haute) et des armoiries (partie basse) ont nécessité jusqu'à 5 couches de carton, sculptées au scalpel avant collage et habillage par la peau de couvrure.
Concernant le titre "Avignon" , les lettres sont découpées individuellement dans la carte du fond, avant la pose de l'habillage général. Le titre apparait alors en creux. Les lettres carton qui ont ainsi été prélevées sont à leur tour "enrobées" d'une autre peau (jaune dans le cas présent) sous pression à l'émalène, puis replacées dans leurs logements, ce qui les fait apparaître finalement en relief.
Les gardes-couleurs sont d'un papier à la cuve étoilé figurant comme un ciel nocturne, référence à la vocation universelle des Papes ayant résidé en ces lieux.