Qui sommes nous ?



*************** QUI SOMMES NOUS ?
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Nous sommes une association d'amateurs qui pratiquons la reliure pour notre propre plaisir. Notre local se situe à Draveil, au fond de l'allée du Portugal, qui longe la base de Loisirs.
Notre atelier est ouvert les Samedi matin (9h-12h) et après-midi (14h-17h), le Mardi matin et le Jeudi matin, et cela toute l'année à l'exception des jours fériés du calendrier.
Nous recevrons avec plaisir toute personne intéressée par la mise en valeur ou la sauvegarde des livres, pour connaître notre travail, nous voir à l'ouvrage, poser des questions, éventuellement s'inscrire à notre atelier, pourquoi pas ? ... cela à tout moment de l'année.
Donc à bientôt.........


Un mot du Président.
Ce blog est le blog de tous les Lieurs. Chacun peut y intervenir librement, insérer du texte, des photos,... Il n'y a pas de censure. Certes, on le constatera; la signature est le plus souvent celle du Président...timidité ? réticence devant l'ordinateur ? Allez savoir ! Peu importe; qui a choisi le rôle de l'animateur se doit de l'assumer !
Mais là n'est pas mon propos. Animateur, certes, mais pas formateur. Dans mes articles, je présenterai des travaux d'adhérents. Je n'ai pas qualité pour les juger. Le choix des œuvres présentées ne résulte que de la bonne volonté des adhérents de me les confier pour les photos. Les remarques que j'y ferai ne reflètent que l'impression d'un quidam qui, certes, aime les beaux livres, mais sans compétence particulière sur le sujet de la reliure. Je me donne la position d'un journaliste, aucunement celle d'un spécialiste. Je tenais à préciser ce point, afin qu'il n'y ait pas de malentendu.




jeudi 25 juillet 2019

Les carnets de famille

Cette rubrique un peu spéciale montre ce que l'on peut faire avec ces petites merveilles que l'on retrouve par hasard dans les tiroirs de sa grand-mère, sa tante, ou autre aïeul(e) disparu(e). Dans un temps où l'on n'avait pas d'ordinateur, pas même de machine à écrire, alors pour se souvenir, on écrivait.  On écrivait à l'encre, à la plume, d'une belle écriture soignée, avec pleins et déliés... On notait les chansons que l'on avait apprises, les poèmes que l'on aimait, le quotidien de nos vies. Mieux encore, on dessinait, avec soin, au crayon de couleur, à l'encre, à l'aquarelle, pour illustrer le texte...tout cela dans des cahiers ou des carnets dont on était souvent le seul à connaître l'existence.
Mais c'était un autre temps !

Ces carnets sont précieux, tant ils nous plongent dans un autre monde ! Leur vie est en danger. Mal entretenus, décousus, poussiéreux, ils peuvent disparaître, perdus dans des liasses de vieux papiers destinés au pilon. Les réhabiliter, les nettoyer, les recoudre, les rhabiller joliment, ne craignons pas de le dire, c'est sauvegarder une espèce en voie de disparition. Pas moins !  Allons y !

Toutes les photos peuvent être agrandies en cliquant dessus.

Edmond nous propose un joli recueil de chansons venant de sa famille.
 Les petits dessins naïfs qui illustrent certaines chansons sont extrêmement touchants

.C'est un travail important qui est réalisé à partir de ce cahier, lequel ne méritait pas moins.


 La couvrure est traitée dans un assemblage de deux teintes de cuir marron-ocre, dont la diagonale qui les joint traverse les motifs des deux plats, donnant un effet jour/nuit très réussi.

Les deux motifs sont réalisés à l'encre de chine, entourés d'un cadre noir qui renforce l'effet "fin XIXème" de l'ouvrage. Sur le premier plat, une grande lettre "a", également à l'encre de chine, identifie le propriétaire par une l'initiale de son prénom..

Le dos de style classique à 5 nerfs, avec titre et auteur, est agrémenté de fleurons posés à l'or. Les garde-couleurs sont des oeuvres originales d'Edmond, décors champêtres et bucoliques que n'auraient pas désavouées l'auteur du cahier. Réalisées à l'aquarelle dans des encadrements de style également très XIXème, elles dénotent un travail important.

Cet autre carnet provient des tiroirs aux merveilles de notre ami Pierre L. sans lien familial identifié.



L'auteure (terme du XXIème) recense en vrac un certain nombre de poèmes, aphorismes, proverbes... connus ou inconnus, apparemment dédiés à des personnes amies..

...et surtout, elle dessine, colorie, peint, pour une production, reconnaissons le, de grande qualité.


La reliure est traitée par Pierre avec sobriété. Plein cuir, de simples initiales dorées au premier plat, fallait-il en faire plus ? Pas forcément, on a là un carnet sans prétentions, celui que la propriétaire tenait dans un tiroir secret. Ce carnet est à moi, et tel qu'il est, personne n'y fera attention...n'en parlez pas,  je ne l'ouvrirai qu'aux amis !

mardi 23 juillet 2019

L'invention créatrice

Si l'on parle de "reliure de création", c'est qu'il s'agit bien de "créer". Parmi les synonymes de ce verbe, on retrouve le plus souvent celui d'"inventer"... Inventer, sortir des sentiers battus, proposer de nouvelles méthodes, de nouveaux styles... en un mot renouveler ce vieux métier qu'est la reliure; il faut s'en convaincre, l'avenir de cette activité est là, ou ne sera pas !

Les ouvrages présentés ci-dessous peuvent-ils illustrer cette idée ? Proposons les, avec toute la modestie qu'il convient. Le lecteur jugera !

Ce sont d'abord trois ouvrages que nous propose Michèle, et qui quelque part n'en font qu'un, puisqu'ils rassemblent les aventures abracadabrantesques - mais combien savoureuses et pleines de bon sens - de notre duo infernal Gargantua-Pantagruel. Merci à notre ami Rabelais !



C'est une idée simple, mais efficace, qui permet à notre amie d'illustrer ses ouvrages.













Des fenêtres astucieusement aménagées dans le premier plat de chaque ouvrage permettent de voir directement l'image de couverture, qui devient à la fois page de titre et décor du livre.

Le papier de couverture se retourne, à travers les fenêtres, vers les contre-plats, où il devient alors "garde couleur collée", et en prolongement "garde volante".

Les plats sont montés suivant le mode dit des "plats rapportés". La tranchefile est faite "maison" à l'aide d'un cuir roulé sur un jonc.
 L'ensemble présente une grande cohérence et ne manque pas d'originalité.

C'est au tour de Camille de donner dans l'innovation.
Il s'agit cette fois d'un ouvrage didactique "Promenades botaniques", de F. Faideau, dans le genre "ouvrage de vulgarisation pour enfants et adolescents", comme il s'en est produit à foison à la fin du XIXème siècle.

Ici, l'innovation porte essentiellement sur la technique de mosaïque de cuir, à la base de la création des deux fleurs colorées au 1er plat.
Cette technique a déjà été évoquée dans l'article du 25 Juin: "Un bouquet de nouvelles techniques", où elle ne concernait que le seul titre "Astronomie" au 1er plat d'un livre.

Il était dit, et il y a lieu de le confirmer ici, que l'idée en avait préalablement été proposée par notre amie Aurélie, également pour le titre "La crève" d'un ouvrage qu'elle avait illustré en son temps (cf. "Deux nouvelles mosaïques de cuir", 29/04/2018). Pour cette raison, il serait justifié d'appeler cette technique: "méthode aurélienne".  Enfin si l'on veut être plus scientifique, on pourrait choisir indifféremment: "méthode par sertissage arrière".

Pour dépasser la réalisation de simples titres, Camille a réalisé cet ensemble de 2 fleurs sur la même idée de base. Résumons sommairement la technique. Le cuir de couvrure (marron), est monté sur une cartonette, puis les fleurs sont évidées au scalpel. Un patchwork de peaux verte (pour tiges et fleurs), orange (fleur de gauche), bleue (fleurs de droite), est collé au dos de l'ensemble, puis repoussé vers l'avant à l'émalène.
Pour un descriptif détaillé de la méthode, on consultera l'article du 20 Juillet 2019 dans le blog: www.restauration-livres-camille.blogspot.fr.

La "pastille" de titre au 1er plat est une pièce de titre standard sertie indépendamment, de manière classique (cf. Mosaïque de cuir, méthode François Voignier; 15/06/2017) dans la couvrure de fond .

La frise de feuillages au 4ème plat est réalisée par superposition des cuirs marron et vert, découpage et ré-assemblage (cf. Une technique de mosaïque de cuir, 10/02/2017).

 Le titre au dos est inséré dans une paire de nerfs en V non conventionnels. Toutes les dorures sont réalisées par le relieur.


mardi 25 juin 2019

Un livre pour Mr le Maire

Il l'aura attendu longtemps, certes; mais il l'aura eu !

Monsieur le Maire, le 9 Avril 2016, avait confié à notre formateur Marie-Odile Royer un livre de sa bibliothèque "Saint Louis", de Jacques Le Goff, avec pour mission de le lui rendre dûment relié. Hélas, l'entrée en maladie de Mme Royer, maladie qui l'emportera finalement en Juin 2018, mit un frein à l'opération, de sorte qu'au décès de Marie-Odile l'ouvrage restait encore au stade de l'arrondissure.
 
Non sans difficulté, l'ouvrage a pu être retrouvé dans son atelier, et deux de nos adhérents: Edmond et Pierre T. ont bien voulu se charger de la couvrure. L'ouvrage ainsi achevé a pu être remis en mains propres le 17 Juin à Mr le Maire, qui a félicité l'atelier de son travail et nous a assuré que ce livre allait promptement intégrer sa bibliothèque personnelle.






 Reliure plein chagrin, agrémentée de 5 fleurs de lys en relief, dos à 6 nerfs, intérieur fleurdelysé avec charnières de peau, tranchefiles de peaux en bandes alternées; le travail, pour la circonstance, se devait d'être soigné; Mr le Maire, visiblement, n'en attendait pas autant !

Un bouquet de nouvelles technniques

La reliure de création est une activité artistique assortie d'une forte composante technique. La plus belle image, photo ou peinture, collée au centre d'une reliure toilée basique ne saurait faire une reliure de création; peut-être une œuvre de photographe, ou une œuvre de peintre, fussent-elles géniales; mais une reliure de création, nenni !

La création en reliure passe donc par une recherche permanente d'idées techniques; soit existantes, mais encore faut-il les maîtriser, soit inventées, mais qui requièrent une mise au point.

Donnons pêle-mêle quelques pistes pour la création:
     - utiliser des matériaux non conventionnels: bois, métaux, plastiques, peaux non classiques (galuchat, grenouille, etc...), tissus ou papiers spéciaux, etc...
     - utiliser des techniques originales d'illustration: fers à dorer, pyrogravure, repoussage, création de formes à l'émalène, sculpture de matériaux, etc...
     - créer des formes d'ouvrages non conventionnelles: reliures japonaises, orientales, ouvrages "accordéon", ouvrages non rectangulaires, pop-up, etc...

Cet article se base sur deux ouvrages utilisant de nouvelles techniques. Naturellement, on devra considérer ces travaux comme des étapes dans un cheminement par lequel les auteurs cherchent à les maîtriser de mieux en mieux. La perfection ne s'obtient pas du premier coup; ce qui compte, c'est la progression. On en jugera !

Le premier ouvrage est dû à notre ami Roland, qui tente de maîtriser la difficile pratique du repoussage de cuir.

C'est notre bon vieux Major Thompson, de Pierre Daninos, qui aura fait l'objet de ce travail . La vision du français moyen par notre célèbre Major anglais, qui est le sujet de l'ouvrage, est en soi un morceau d'anthologie.






Rappelons que cette technique se pratique sur des cuirs épais (plus d'1mm). Le dessin est créé sur des pièces de cette épaisseur, en faisant des incisions avec une sorte de cutter rotatif (le scrivel) puis par écrasement des lèvres à l'aide d'un petit marteau.
 On termine finalement par un nuancage de bruns de différentes forces.
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 L'ouvrage étant habillé d'un plein chagrin, les pièces de repoussage, plus épaisses, viennent se loger dans des "fenêtres" prévues à cet effet.


 Notons que la technique de repoussage demande un apprentissage long et soutenu, comparable à celui de la dorure.

Le détail ci-contre au 4ème plat permet de mieux comprendre le principe de cette technique.






Le deuxième ouvrage, proposé par Camille, est un ouvrage de vulgarisation scientifique: "L'astronomie pour tous" de G. Bovier-Lapierre, tel qu'il en fleurissait de nombreux à la fin du XIXème.

Le travail de création s'inscrit dans une progression commencée avec "La Chartreuse de Parme" (voir l'article du 10/02/2019), ayant pour but de mettre au point des solutions pour la mosaïque de cuir.


Le fond de couvrure est une peau glacée noire formant fond de ciel pour quelques constellations aisément identifiables. Le travail de "mosaïque" réside essentiellement dans la représentation de la Terre et la réalisation du titre "ASTRONOMIE" au 1er plat.

Ainsi pour la représentation de la Terre, Camille reprend la technique de découpe des pièces par superposition de cuirs, comme dans "La Chartreuse de Parme". Pour plus de détails, on se reportera à  l'article "Mosaïque de cuir, technique de superposition" du 20 Juillet 2019, dans le blog "www.restauration-livres-camille.blogspot.fr".

Le titre d'ouvrage au 1er plat: "ASTRONOMIE", exploite une idée initialement inventée et exploitée par notre amie Aurélie (voir "La crève", 29/04/2018), mais qui parait susceptible de développements intéressants à l'avenir.  Les lettres étant découpées dans un carton portant la peau de couvrure, ici noire, une peau de couleur différente (ici jaune), est collée à l'arrière du titre puis "poussée" à l'émalène dans les vides formés par les caractères.
La méthode pourrait être qualifiée de "sertissage arrière".

Le 4ème plat se présente en continuité avec le premier, avec deux grands disques bleus et jaunes évoquant 2 planètes de terre et d'eau. Toutes les découpes circulaires sont faites au couteau-compas, très adapté pour la circonstance.  Au dos, le titrage dans des pièces de titre bleues, ainsi que les fleurons sont réalisés par le relieur.

dimanche 12 mai 2019

Des reliures tous matériaux

On l'aura certainement compris au travers de ce blog, tout matériau est bon pour la reliure de création. On ne reviendra pas sur le papier, la toile et le cuir tant ces matériaux sont inhérents à l'activité de reliure. Par contre on retrouvera avec intérêt des exemples déjà vus d'utilisation du bois ("Marco Polo", par Pierre T, 3/03/2017, "Le Languedoc", par Edmond et "Le Limousin" par Pierre T., 27/02/2018,), de la paille ("Les dents longues" et Valentine Paquault" par Edmond, "La découverte de la vie" par Pierre T., 9/01/2019), du fer (Le pitre ne rit pas", par Christine), du ruban ("Chroniques et légendes des rues de Paris", par Christine)...

 Ce premier ouvrage, "Le livre de la Jungle", d'Edmond Rostand, donne un prétexte à Edmond pour travailler le plaquage de bois et constituer son décor.

L'ouvrage est traité globalement en pleine basane beige clair, les charnières intérieures étant en prolongement de la même peau.

Au niveau du décor, l'éléphant au premier plat, le crocodile au second plat sont découpés dans la feuille de bois, colorés à la peinture, et insérés dans des enfoncements de la peau prévus à cet effet.

Pour plus de réalisme, des détails sont ajoutés au pyrograveur sur ces sujets, outil particulièrement efficace sur le bois.

Les garde-couleurs sont réalisées par Edmond suivant la technique du papier à la cuve.

L'ouvrage est protégé par un étui revêtu du même papier que les gardes, et bordé du même cuir que l'ouvrage.


 Ce second ouvrage, "L'aiglon", contenant une pièce d'Edmond Rostand sur la courte vie du Roi de Rome, fils de Napoléon, est choisi par Pierre T. pour une réalisation composite cuir et cuivre (laiton).

L'ouvrage est traité dans un chagrin noir à grain fin, dans lequel sont ménagés des enfoncements pour le décor.

L'élément principal du décor est la figure emblématique et célèbre de l'aigle double regardant dans les deux directions.

 L'aigle principal est découpé dans la feuille de laiton, l'aigle intérieur étant réalisé dans un assemblage de cuirs clairs.

Le titre en lettres calligraphiées au premier plat est obtenu par modelage d'une peau beige sur des lettres découpées individuellement dans du carton.

Titre et fleuron au dos de l'ouvrage sont réalisés également au ruban or par notre ami.

Bijoux de poésie

Les deux ouvrages présentés ici présentent deux similarités, par leur thème et par l'élément principal de décoration choisi par nos relieurs. Pour ce qui est du thème, ce sont deux recueils de poèmes du XIXème  qui ont inspiré nos amis ; pour ce qui est du décor, nos relieurs ont tous deux puisé dans le registre des camées, médailles, et autres bijoux.

 Dans cette optique, Pierre T. nous propose un beau livre de poésie de Stéphane Mallarmé, dans une édition de qualité de l'Imprimerie Nationale, fournie non reliée par l'éditeur.

Pierre habille cet ouvrage d'un beau chagrin brun dans lequel il ménage deux fenêtres portant le décor principal, plus une petite fenêtre ronde pour le titre.
















Les fenêtres principales, garnies en fond d'une basane verte, sont bordées d'un listel de cuir clair.

Deux médailles sont apposées aux centre de ces fenêtres; deux médailles qui en réalité n'en font qu'une dans la mesure où elles proviennent d'une unique médaille de commémoration, que notre ami relieur a eu l'habileté de scier dans l'épaisseur.
 Le titre est réalisé en lettres relief à l'aide de formes en carton habillées du même cuir vert que les médaillons par pression sous émalène.
Les tranchefiles sont formées de bandes de cuir entourant un jonc.


L'ouvrage choisie par Jacqueline, "Emaux et Camées", de Théophile Gautier - en fait un recueil de

poèmes romantiques - est traité assez simplement dans une pleine toile bordeaux au centre de laquelle une fenêtre à quatre lobes encadre un joli médaillon.
 Moins ambitieux que le précédent sur le plan technique, ce travail ne manque pourtant pas d'intérêt pour la gouverne du relieur amateur. On pourrait l'énoncer ainsi: "Fouillez vos réserves, vos boites de bijoux déclassés, vos tiroirs fourre-tout... vous y trouverez surement quelque merveille, et si ce n'est celle que vous cherchiez pour votre livre, vous trouverez bien vite le livre qui s'y prêtera"

Faire simple mais faire bien...

A force de présenter des travaux de création toujours plus ambitieux, ce blog pourrait faire passer les Lieurs pour une clique d'hurluberlus obsédés par leurs délires artistiques plus que par le souci de la bonne reliure. Cet article a pour but d'illustrer qu'il n'en est rien, et que chez les Lieurs aussi, la bonne reliure, c'est d'abord une affaire de qualité, avant d'être une affaire de fantaisie. Les ouvrages qui seront présentés ci-dessous en témoignent.

On ne trouvera donc ci-dessous que des ouvrages de conception simple, avec peu de décor, à la limite de simples fenêtres portant un titre ou une image, mais proprement réalisés.

 L'ouvrage ci-contre, "Les compagnons du coquelicot", 1er tome de la série "La lumière des justes', d'Henri Troyat, roman où l'amour se heurte à la vie réelle en pleine déroute napoléonienne, est relié par Pierre T. sur un mode classique de demi-cuir à coins, mais d'une facture irréprochable.
Presque un modèle du travail de relieur.

Le titrage et les dorures sont également du même relieur.

Paul nous offre 2 ouvrages sans aucun rapport entre eux,: "Le Livre d'Isaïe", extrait de la Bible Liturgique, d'une part, et "Réseaux d'ombres", du Colonel Rémy, Résistant célèbre et co-créateur du réseau "Notre Dame" en 1940, d'autre part.

Plein cuir pour l'un, pleine toile pour le second, images enchâssées dans des fenêtres; c'est simple mais suffisant.

 Maintenant c'est Roger qui nous propose un ouvrage aux couleurs de la Colombie, et pour cause; l'ouvrage "Douze contes vagabonds" est de l'auteur colombien Gabriel Garcia-Marquez, et rassemble quelques nouvelles où le fantastique devient quelquefois angoissant.

Toiles aux couleurs du drapeau colombien, titrage incrusté, que fallait-il de plus pour cet ouvrage sans prétention ?

Avec ce roman "8, Rue Picpoix', d'André Guillot, qui recrée la vie
d'un gamin dans le Paris populaire du temps, Edmond met un pied dans la création avec un habillage pleine peau, parsemé de multiples fenêtres, par lesquelles autant de personnages bien typés de notre univers familier nous regardent.

 L'idée est sympathique et fait son petit effet.

 Enfin avec cet ouvrage anglais, "The big budget for girls", contenant une sélection de nouvelles pour adolescentes, Christine dépasse la reliure basique pour un travail d'apparence simple mais contenant plusieurs innovations.
On retiendra en particulier l'incrustation du personnage au premier plat, suivant la méthode de mosaïque sertie-bombée (voir l'article du 14/06/2017 "Une technique pour la mosaïque de cuir") ), et le titrage au dos en lettres relief habillées de peau.

Conclusion; on sait aussi faire simple chez les Lieurs, et si ce n'est pas toujours pour le meilleur, ce n'est pas forcément pour le pire.