Qui sommes nous ?



*************** QUI SOMMES NOUS ?
*******************


Nous sommes une association d'amateurs qui pratiquons la reliure pour notre propre plaisir. Notre local se situe à Draveil, au Village des Associations, 42, rue du Bout des Creuses.
Notre atelier est ouvert les Samedi matin (9h-12h) et après-midi (14h-17h), le Mardi matin et le Jeudi matin, et cela toute l'année.
Nous recevrons avec plaisir toute personne intéressée par la mise en valeur ou la sauvegarde des livres, pour connaître notre travail, nous voir à l'ouvrage, poser des questions, éventuellement s'inscrire à notre atelier, pourquoi pas ? ... cela à tout moment de l'année.
Donc à bientôt.........


Un mot du rédacteur en chef Camille
Ce blog est le blog de tous les Lieurs. Chacun peut y intervenir librement, insérer du texte, des photos,... Il n'y a pas de censure. Certes, on le constatera; la signature est le plus souvent celle de Camille...timidité ? réticence devant l'ordinateur ? Allez savoir ! Peu importe; qui a choisi le rôle de rédacteur se doit de l'assumer !
Mais là n'est pas mon propos. Rédacteur, certes, mais pas formateur. Dans mes articles, je présenterai des travaux d'adhérents. Je n'ai pas qualité pour les juger. Le choix des œuvres présentées ne résulte que de la bonne volonté des adhérents de me les confier pour les photos. Les remarques que j'y ferai ne reflètent que l'impression d'un quidam qui, certes, aime les beaux livres, mais sans compétence particulière sur le sujet de la reliure. Je me donne la position d'un journaliste, aucunement celle d'un spécialiste. Je tenais à préciser ce point, afin qu'il n'y ait pas de malentendu.




jeudi 20 avril 2023

Des reliures non conventionnelles

 Christine remonte au déluge...

...enfin, pas tout à fait, en ce qui concerne la technique de reliure, pour laquelle elle s'arrêtera aux temps mérovingiens. Mais, le déluge, on le rencontrera en lisant son livre passionnant : "L"histoire commence à Sumer", de Samuel Noah Kramer, historien américain spécialiste de la Mésopotamie. Par cet ouvrage fortement documenté l'auteur s'attache à nous convaincre qu'à Sumer, plus de 3000 ans avant notre ère, on allait déjà à l'école, on faisait des procès devant des tribunaux, on développait des techniques agricoles et urbaines, on élaborait des lois sociales, etc... Par ailleurs, bien des légendes de cette civilisation ont trouvé un écho dans la  notre, ainsi le déluge et l'Arche de Noë de la Bible pourraient y trouver leur origine.


Pour habiller ce livre, Christine s'est documentée sur les techniques primitives de reliure, que l'on peut dater des temps mérovingiens. Au VIIIème siècle, le livre est constitué d'un ensemble de cahiers de parchemin, que l'on coud sur des nerfs de bœufs apparents. La couture englobe au dessus du 1er cahier et au dessous du dernier deux planchettes de bois, les ais, qui ont une fonction de protection. Le fil de couture,  de lin ou de chanvre,  entre dans les ais par leur chant, ressort en surface pour ré-entrer dans les ais vers l'intérieur.

Christine a scrupuleusement reproduit ce schéma rustique, quitte à l'agrémenter d'une modeste décoration. 

Les fils de couture sont tressés de fils mélangés lin et or. Les plats sont marqués à la feuille d'or d'un bouquet de fleurs des champs; les contre-plats sont bordés de rubans à motif simple de feuilles.

 Il fallait oser; elle a osé; elle l'a fait !
Ca, c'est Christine !



Les rubans ne se cachent plus

 Rédigé par Caroline

Reliure à mors ouverts et couture apparente

 

Certains livres sont trop fragiles pour supporter une endossure. Il y a pourtant le souhait de pouvoir les consulter sans les endommager.

La couture sur rubans (au lieu des répandues ficelles de chanvre) est le début d’une reliure dite «de conservation». Les cahiers cousus sur rubans, et n’ayant pas subi de passure en colle, ni de mousseline ou goudron, s’ouvrent donc parfaitement à plat pour une consultation confortable.

On peut choisir de laisser voir la couture et simplement faire une passure des plats avec les rubans.

L’ensemble peut être très esthétique, ce type de reliure peut aussi devenir reliure de création.

C’est ce type de reliure qui a été choisi par Amapola (papier marbré rouge) et Régine (papier marbré noir) au cours de reliure du samedi.

 


 

Les étuis de conservation (déjà présentés dans ce blog) ont été réalisés.

 

 Régine a poussé le détail en insérant dans son étui un ruban (le même que celui de la couture) qui permet de sortir le livre en tirant tout simplement sur ce ruban.

 


vendredi 14 avril 2023

Un festival de couleurs

Une grande mascarade chez Camille

Non, ce n'est pas le programme d'un prochain Samedi soir chez Camille, mais le titre de l'ouvrage qu'il a choisi pour un exercice de style, avec utilisation volontaire de la découpe Laser. 

Le titre: "La grande mascarade parisienne", d'Albert Robida, est celui d'un ouvrage paru fin XIXème sous la forme de feuilleton en 101 livraisons.

Concernant le contenu, on a du Robida "pur sucre"; suite d'aventures abracadabrantes, où gravite autour du bourgeois Cabassol toute une faune de vrais ou faux-mondains plus ou moins jobards nommés Taparel, Badinard, Bizouard, Cabuzac, Bézucheux de la Fricottière, Castel-Bignol, etc...accompagnés que leurs inénarrables favorites Mmes de Champbadour, Trombolino, Tulipia, Duchesse de Klakfeld et bien d'autres.

Robida est un auteur prolifique de la fin du XIXème, plus connu des bibliophiles que des amateurs de littérature. Dessinateur compulsif, on lui devrait plus de 60 000 dessins parus dans de nombreux romans, journaux, revues..., dessins aisément reconnaissables par leur trait nerveux et souvent caricatural.

Du fait du volume initial de l'ouvrage, Camille choisit de le scinder en 2 tomes traités identiquement dans un cuir lisse de couleur fauve, en jouant sur une décoration multicolore évoquant l'idée de "mascarade".

La mauvaise qualité des fonds de cahiers aurait nécessité à minima une cinquantaine d'onglets pour chaque tome, ce qui aurait conduit à des dos trop épais. Pour pallier à cet écueil, Camille utilise une méthode de couture peu orthodoxe, qui consiste à éclater les cahiers en feuilles séparées (oui ! vous avez bien lu !), et traiter l'ensemble par la technique de couture "à fils noyés", maintes fois évoquée dans ce blog.

C'est dans le travail de décoration qu'intervient la découpe Laser. Le motif en étoile a été choisi volontairement de sorte que les pétales ont des profils très "tarabiscotés". Néanmoins les pétales adjacentes doivent s'assembler rigoureusement. Ce travail serait extrêmement difficile à réaliser au scalpel, mais devient naturel en découpe Laser où le profil le plus complexe peut être reproduit identiquement.

Pour le reste, les dos sont habillés de pièces multicolores, en correspondance avec le décor en étoile des plats. Les titres posés en dorure sur les plats et le dos sont réalisés par le relieur.

 Michèle rêve en couleurs...


... et c'est en effet sur les tons rouge et bleu qu'elle nous propose ces deux ouvrages: "Les contes d'Hoffmann" d'une part, tirés de l'opéra classique bien connu, et "Les amours", de Pierre de Ronsard, un autre grand classique, d'autre part.

Les Contes sont traités dans une toile vernie rouge, dans laquelle un modelage en creux dessine comme une frise de pétales, simple mais suffisante. Les lettres du titre sont logées dans des évidements prévus à cet effet, en lettres blanches mouchetées de rouge. Le papier des gardes-couleurs retrouve la couleur rouge générale  de l'ouvrage.

L'ouvrage de Ronsard, traité par la technique des plats rapportés, permet l'utilisation d'un papier unique au motif de "cailloux" dans les tons bleus, en couverture aussi bien qu'en intérieur. Le titrage par passage en imprimante permet une grande liberté dans le choix de la police et de la couleur, bleue dans le cas présent.

L'originalité de ce travail réside surtout dans une recherche systématique d'harmonie des couleurs, entre les plats, les gardes-couleurs et les titrages. Sous cet aspect, le pari est réussi.

Pierre nous fait une tête de bois

 et c'est celle d'un cerf qu'il réalise, en placage de bois, pour le premier plat de l'ouvrage de Maurice Genevois:  "La dernière harde". 

 Le récit est celui d'un cerf dans son domaine, la forêt, où une vie invisible mais opulente se déroule suivant le rythme des jours et des saisons. Dans ce milieu apparemment serein, le cerf rencontrera le chasseur, puis rencontrera la dague du chasseur, puis enfin la mort, qu'il accueillera avec noblesse.

L'ouvrage est traité dans un chagrin "coquille d'oeuf", titré en lettres de bois au premier plat, en dorure sur le dos d'ouvrage.


Pierre applique ses talents de sculpteur à la réalisation de cette mosaïque de bois, qui reprend fidèlement l'illustration de la page titre, celle du cerf qui nous regarde...ou nous défie....

Les gardes-couleurs restent dans le ton général de la couvrure, avec un papier reliure dans les dégradés de marron.

Un travail de belle facture.


mercredi 12 avril 2023

Stages: L'Entreprise Christine Michèle & Co ne désemplit pas...

 C'est au tour de Véronique de faire la connaissance de notre atelier, accompagnée de Françoise, que nous avons déjà vue dans nos locaux à deux reprises; toujours sous la férule de nos infatigables formatrices Christine et Michèle.

Véronique (à l'extrême droite sur la photo) a choisi pour son initiation à la reliure un grand ouvrage de Disney, dont on peut supposer qu'il n'aboutira entre des mains enfantines que sous haute surveillance ...

Françoise ( à l'extrême gauche) multiplie les exemplaires de la thèse de sa fille; deuxième édition en deux tomes; à quand la 3ème édition ?.... Le contenu reste mystérieux mais probablement moins ludique que celui du "Disney".

Peut-être de futur(e)s lieu(se)s de Sénart... la balle est dans leur camp.