Qui sommes nous ?



*************** QUI SOMMES NOUS ?
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Nous sommes une association d'amateurs qui pratiquons la reliure pour notre propre plaisir. Notre local se situe à Draveil, au Village des Associations, 42, rue du Bout des Creuses.
Notre atelier est ouvert les Samedi matin (9h-12h) et après-midi (14h-17h), le Mardi matin et le Jeudi matin, et cela toute l'année.
Nous recevrons avec plaisir toute personne intéressée par la mise en valeur ou la sauvegarde des livres, pour connaître notre travail, nous voir à l'ouvrage, poser des questions, éventuellement s'inscrire à notre atelier, pourquoi pas ? ... cela à tout moment de l'année.
Donc à bientôt.........


Un mot du rédacteur en chef Camille
Ce blog est le blog de tous les Lieurs. Chacun peut y intervenir librement, insérer du texte, des photos,... Il n'y a pas de censure. Certes, on le constatera; la signature est le plus souvent celle de Camille...timidité ? réticence devant l'ordinateur ? Allez savoir ! Peu importe; qui a choisi le rôle de rédacteur se doit de l'assumer !
Mais là n'est pas mon propos. Rédacteur, certes, mais pas formateur. Dans mes articles, je présenterai des travaux d'adhérents. Je n'ai pas qualité pour les juger. Le choix des œuvres présentées ne résulte que de la bonne volonté des adhérents de me les confier pour les photos. Les remarques que j'y ferai ne reflètent que l'impression d'un quidam qui, certes, aime les beaux livres, mais sans compétence particulière sur le sujet de la reliure. Je me donne la position d'un journaliste, aucunement celle d'un spécialiste. Je tenais à préciser ce point, afin qu'il n'y ait pas de malentendu.




mercredi 16 octobre 2019

Fleurs d'amour et fleurs des champs...

Pour les fleurs d'amour, quoi de mieux que ce recueil de poèmes tendres que nous propose Christine ?
"L'amour fardé", recueil de poèmes indiens du 7ème siècle, traduit du sanscrit en français au début du XXème, est une ode à l'amour et au plaisir, avec ce raffinement oriental qui réserve toujours une part de mystère.

 Christine choisit, pour habiller le bijou, une toile de Jouy au dessin bucolique, dans un rose qui n'est pas sans résonance avec le contenu de l'ouvrage.

Le montage à plats rapportés lui permet d'habiller les plats indépendamment de l'ouvrage, en particulier du dos qui reçoit un cuir rouge foncé sans poser le difficile problème du lien entre cuir et toile.

L'entoilement des plats légèrement "matelassé" confère à l'ouvrage une douceur au toucher qui répond à la tonalité précieuse du sujet.

Des fleurs d'amour aux fleurs des champs, il n'y a pas une si grande distance. Ne dit-on pas "effeuiller la marguerite" pour exprimer ses sentiments ?

Camille franchit le pas avec cet ouvrage didactique "Récréations botaniques", d'Henri Coupin, dont le sous-titre "Ce qu'on voit dans les fleurs", résume à lui seul le contenu.

Avec ce livre, la marguerite, la fleur de camomille ou celle de la carotte, et bien d'autres, n'ont plus aucun secret.

Par cet ouvrage, Camille continue à explorer la méthode de mosaïque de cuir par "sertissage arrière", ou "méthode aurélienne" déjà employée à plusieurs reprises dans ce blog  (cf. 2ème article du 23 Juillet 2019).

 On sait que notre amie Aurélie en était à l'origine; elle l'est doublement pour ce livre qui utilise en plus la technique de "dorure à la feuille", qu'Aurélie nous a tantôt enseignée (cf. article du 31 Mars 2019).

Le principe en est resté le même: le cuir de couvrure, évidé au niveau des motifs, est doublé d'un cuir fin qui porte la couleur; si ce n'est que sur ce dernier une couche d'or (vrai ou faux) en feuille a été appliquée. La cuir arrière est poussé à l'émalène à travers les vides du cuir avant.


 Dans le cas présent, la méthode a été appliquée pour les fleurs et les feuilles de vigne au premier plat, et également pour le "collier de perles" au 2ème plat.

 Les titres au premier plat sont réalisés par incrustation de pièces de titre dans des logements initialement prévus.

 Le dos porte également le titre complet sous la forme d'une pièce de titre longue prise entre deux nerfs en forme de fleur.

Les garde-couleurs sont d'un papier à la cuve commercial à motifs de fleurs. Les titres sont réalisés à l'oeser par le relieur.


L'exposition ALANA, la peinture italienne du XIIIème au XVIIème

Cette fois, nos amis de l'A.A.P. nous proposaient une plongée dans la Renaissance italienne, en l'occurence à travers l'exposition ALANA consacrée à la peinture italienne du XIIIème au XVIIème.
A côté de nos amis peintres, toujours un seul relieur, Camille, avec son épouse Béatrice, pour écouter, en parcourant l'exposition, notre habituelle et très érudite conférencière Suzanne, et s'imprégner d'un peu de culture artistique, ce qui n'est jamais perdu.

Comme toujours, mon petit article ne présente qu'un choix d'oeuvres très restreint, et surtout très personnel, avec un commentaire dont l'indigence n'a d'égale que mon inculture sur le sujet.

Les photos peuvent être agrandies en cliquant dessus.

La collection ALANA est le fruit du travail de collecte de 2 chiliens grands amateurs d'art, ALvaro Saieh et ANA Guzman, totalement centrée sur la peinture italienne, de la Renaissance au 17ème siècle.
C'est principalement dans les deux villes rivales, Florence et Sienne, mais aussi Pise, que va s'opérer cette grande mutation de la peinture, qui caractérise le Trecento et le Quatrocento italiens: travail subtil de l'or, raffinement des détails et attention nouvelle portée aux figures.


 De la fin du XIIIème au début du XIVème, la peinture, encore imprégnée du style gothique de ses origines, récupère des influences culturelles diverses, tel ce "huit scènes de la vie du Christ" d'inspiration byzantine stylisée.

 Tandis que Giotto sort de l'académisme froid de l'époque en donnant de la vie à ses personnages, en découvrant la notion de perspective, d'autres artistes suivent le même chemin.

Ainsi , la "Sainte Catherine d'Alexandrie", peinte vers 1330 par Jacopo del Casentino (ci-dessous, panneau de gauche), possède une douceur qui inaugure la peinture de portrait.


 Plus d'un siècle plus tard, on retrouve le même réalisme, et le même souci du détail, avec cette Vierge, (ci-contre,  panneau de droite), peinte par Giovanni di Paolo vers 1460.









 La notion de perspective commence à se généraliser dans les scènes en volume, comme l'illustrent les tableaux ci-contre à gauche: tableau de gauche: "Saint-Pierre martyr exorcisant un démon ayant pris les traits d'une Vierge à l'Enfant", d'Antonio Vivarini (v. 1450), tableau de droite: "Scène de la vie de Saint Benoit: la correction du moine possédé", de Bartolomeo di Giovanni (v. 1485).

En même temps, la représentation du paysage continue à s'affiner, en même temps que celle de l'être humain devient plus expressive. Ci contre, le "Saint Jérome pénitent", peint par Baccio della Porta (dit Fra Bartolomeo) vers 1495, témoigne de cette tendance.

 
 Cette évolution permettra l'éclosion d'un genre épique, comme l'illustre le panneau  "L'histoire de Coriolan" (ci-dessus, fragment tiers gauche du panneau) peint par Giovanni di ser Giovanni Guidi (dit Lo Scheggia) vers 1460 à Florence.

vendredi 13 septembre 2019

Le Palais Royal et les Passages de Paris

Nos amis des arts plastiques nous proposaient cette fois une véritable ballade historique qui, du Palais Royal s'est terminée au Passage Verdeau, à travers maints autres lieux remarquables et historiques de Paris.
Incroyable, il y avait cette fois ci dans le groupe deux relieurs, Pierre L. et Camille (avec leurs épouses, respectivement Patricia et Béatrice), soit deux fois plus de Lieurs que lors des visites précédentes. A ce rythme d'accroissement, Nicolle (gestionnaire des sorties à l'A.A.P.) va bientôt devoir nous restreindre !

C'est toujours sous la houlette de notre érudite conférencière Suzanne, ne plaignant ni son temps (deux heures et demi de marche), ni sa salive (débit continu), que s'est effectuée la visite.
Les photos ci-après tentent de restituer un peu de cette ballade, sans prétention d'exhaustivité.
Les photos peuvent être agrandies en cliquant dessus.

 Ci-contre, notre petit groupe attend le départ devant la Comédie Française et l'entrée du Palais Royal. En médaillon, le kiosque des Noctambules, dû au plasticien Othoniel.

L'ancien Palais Cardinal, voulu par Richelieu, devient Palais Royal sous Louis XIV et reste propriété de la famille d'Orléans jusqu'en 1848.
La cour du palais devient, à partir de la Régence,  la Galerie d'Orléans qui, sous des structures en bois devient un lieu de commerce et de plaisir où se côtoient boutiquiers, nobles, roturiers et prostituées.

La police n'ayant pas accès à ce domaine, des évènements prérévolutionnaires s'y dérouleront.
 
Les structures de bois sont remplacées à partir de 1828 par des colonnades de pierre. Le lieu se constitue alors en un ensemble de passages couverts abritant des commerces de luxe, ancêtres des futurs passages couverts de Paris.

Le grand jardin qui prolonge la galerie abritait un petit canon qui tonnait à midi pile; ainsi disait on, "si les mœurs y sont déréglées, on peut au moins y régler sa montre".La galerie d'Orléans est maintenant agrémentée des colonnes de Buren (photo du haut) et des boules de Bury (visible au fond du jardin ci-contre).


 Plus au Nord, la Galerie Vero-Dodat est édifiée en 1826 dans le cadre d'une opération immobilière pour deux charcutiers Lyonnais. Elle devient vite une voie commerciale des plus animées jusqu'au percement des Grands Boulevards par Haussman.

Dans un style néo-classique, la structure est essentiellement en fonte. Le faux marbre (bois peint), le faux bois (structure fonte recouverte de bois), les sculptures en fonte y dominent. Le plafond est décoré de toiles marouflées représentant des scènes mythologiques.

 La Galerie Vivienne, créée en 1823 par un notaire fortuné, abritera également quelques grands commerçants de Paris. Elle reste aujourd'hui un lieu de commerce de haut niveau.
La mosaïque de sol, l'architecture très homogène des boutiques, la verrière aérée cachent une structure en fonte dissimulée sous des platres, faux-bois et faux-marbres.
Vidocq, ancien bagnard devenu "Chef de la sureté", y a séjourné.
 La Galerie Colbert, qui la prolonge (ci-dessus en bas à droite), n'eut jamais le même succès.

 Le passage des Panoramas, ouvert en 1800, doit son nom à un spectacle qui fut monté dans deux tours en ce lieu, constituant en un décor tournant représentant des paysages divers, dont des vues panoramiques... de Paris !

Le décor plutôt orientaliste donne au passage l'allure d'un souk, ce qui en fait un lieu moins prestigieux que Vivienne et Véro-Dodat.

La galerie ouvre sur de nombreux "petits passages" annexes, et également sur le Théatre des Variétés, un des plus anciens de Paris.

 D'ici, les passages couverts s'enchaînent. Les passages Jouffroy et Verdeau ouverts dans les années 1845-1850, sont des lieux de commerce moins prestigieux, mais comportant quelques innovations constructives remarquables. Le fer y remplace la fonte, réputée plus cassante, et l'on y trouve la première réalisation de chauffage par le sol (ci-contre en bas à droite, une bouche de chaleur). Le passage Jouffroy ouvre sur une entrée du Musée Grévin.





Forum des Associations 2019

Rédigé par Camille

Le Forum des Associations se tenait le 8 Septembre dernier; Les Lieurs de Sénart n'auraient en aucun cas manqué ce rendez-vous incontournable.
 On ne saurait le considérer comme un grand cru, la fréquentation du stand étant toujours un peu décevante. Néanmoins quelques contacts ont été pris, et certains semblent déboucher sur des options fermes (à confirmer).
Merci à ceux qui sont venus m'aider lors de cette dure journée.
Avec Pierre T., Claude B. et Raymond, j'avais suffisamment de relais pour libérer Christine et Pierre L. qui s'étaient aimablement proposés. Michèle également nous a rendu une petite visite.
Ces contributions sont toujours un réconfort pour le Président, qui éprouve parfois, dans sa fonction, quelques grands moments de solitude.

jeudi 25 juillet 2019

Les carnets de famille

Cette rubrique un peu spéciale montre ce que l'on peut faire avec ces petites merveilles que l'on retrouve par hasard dans les tiroirs de sa grand-mère, sa tante, ou autre aïeul(e) disparu(e). Dans un temps où l'on n'avait pas d'ordinateur, pas même de machine à écrire, alors pour se souvenir, on écrivait.  On écrivait à l'encre, à la plume, d'une belle écriture soignée, avec pleins et déliés... On notait les chansons que l'on avait apprises, les poèmes que l'on aimait, le quotidien de nos vies. Mieux encore, on dessinait, avec soin, au crayon de couleur, à l'encre, à l'aquarelle, pour illustrer le texte...tout cela dans des cahiers ou des carnets dont on était souvent le seul à connaître l'existence.
Mais c'était un autre temps !

Ces carnets sont précieux, tant ils nous plongent dans un autre monde ! Leur vie est en danger. Mal entretenus, décousus, poussiéreux, ils peuvent disparaître, perdus dans des liasses de vieux papiers destinés au pilon. Les réhabiliter, les nettoyer, les recoudre, les rhabiller joliment, ne craignons pas de le dire, c'est sauvegarder une espèce en voie de disparition. Pas moins !  Allons y !

Toutes les photos peuvent être agrandies en cliquant dessus.

 Le cahier de chansons d'Edmond

Edmond nous propose un joli recueil de chansons venant de sa famille.
 Les petits dessins naïfs qui illustrent certaines chansons sont extrêmement touchants

.C'est un travail important qui est réalisé à partir de ce cahier, lequel ne méritait pas moins.


 La couvrure est traitée dans un assemblage de deux teintes de cuir marron-ocre, dont la diagonale qui les joint traverse les motifs des deux plats, donnant un effet jour/nuit très réussi.

Les deux motifs sont réalisés à l'encre de chine, entourés d'un cadre noir qui renforce l'effet "fin XIXème" de l'ouvrage. Sur le premier plat, une grande lettre "a", également à l'encre de chine, identifie le propriétaire par une l'initiale de son prénom..

Le dos de style classique à 5 nerfs, avec titre et auteur, est agrémenté de fleurons posés à l'or. Les garde-couleurs sont des oeuvres originales d'Edmond, décors champêtres et bucoliques que n'auraient pas désavouées l'auteur du cahier. Réalisées à l'aquarelle dans des encadrements de style également très XIXème, elles dénotent un travail important.

Le carnet secret de Pierre

Ce petit bujou provient des tiroirs aux merveilles de notre ami Pierre L. sans lien familial identifié.



L'auteure (terme du XXIème) recense en vrac un certain nombre de poèmes, aphorismes, proverbes... connus ou inconnus, apparemment dédiés à des personnes amies..

...et surtout, elle dessine, colorie, peint, pour une production, reconnaissons le, de grande qualité.


La reliure est traitée par Pierre avec sobriété. Plein cuir, de simples initiales dorées au premier plat, fallait-il en faire plus ? Pas forcément, on a là un carnet sans prétentions, celui que la propriétaire tenait dans un tiroir secret. Ce carnet est à moi, et tel qu'il est, personne n'y fera attention...n'en parlez pas,  je ne l'ouvrirai qu'aux amis !

Le carnet de chansons de Paulo

C'est à nouveau un vieux carnet de chansons que nous offre Paulo, carnet dont les photos (ci-dessous à gauche, agrandir en cliquant dessus) permettent de juger de l'état initial.

La reliure amateur est à elle seule le témoignage émouvant d'une époque où les matériaux coutaient cher, et où la débrouillardise suppléait à la connaissance technique.







 Le cartonnage formé de fragments de calendriers, l'entoilage non collé maintenu aux revers par un couturage soigné et un réseau de fils de liaison, sans oublier l'écriture calligraphiée, et si l'on oublie les injures du temps, c'est l'amour du travail soigné qui transparaît...avec, faute de mieux, les matériaux du bord.
Quitte à sortir des pures considérations de reliure, impossible d'omettre le charme inattendu des pages intérieures (ci-dessus à droite, cliquer sur la photo). Les dessins faussement naïfs approchent avec finesse et non sans ironie l'art de la caricature, et les titres en lettres ornées celui de la calligraphie. Quel bonheur !

Pour en venir au travail de reliure, les photos ne montrent pas le travail important de réparation que Paulo a dû entreprendre: pages déchirées, effrangées, salies, ... La couverture initiale n'a pu être intégrée, étant mal adaptée à la largeur des pages.

C'est donc d'un nouvel habit qu'a été doté le précieux carnet. Demi-chagrin vert et papier assorti, un simple médaillon au centre pour évoquer l'époque; c'est sobre mais suffisant.

Le gramophone au centre du médaillon est en soi un petit travail de mosaïque de peau, sur fond de feutrine (doublure de peau) réalisé avec une bonne précision.

Les garde-couleurs restent dans le ton général des verts de la couvrure; l'ensemble est cohérent.


mardi 23 juillet 2019

L'invention créatrice

Si l'on parle de "reliure de création", c'est qu'il s'agit bien de "créer". Parmi les synonymes de ce verbe, on retrouve le plus souvent celui d'"inventer"... Inventer, sortir des sentiers battus, proposer de nouvelles méthodes, de nouveaux styles... en un mot renouveler ce vieux métier qu'est la reliure; il faut s'en convaincre, l'avenir de cette activité est là, ou ne sera pas !

Les ouvrages présentés ci-dessous peuvent-ils illustrer cette idée ? Proposons les, avec toute la modestie qu'il convient. Le lecteur jugera !

Ce sont d'abord trois ouvrages que nous propose Michèle, et qui quelque part n'en font qu'un, puisqu'ils rassemblent les aventures abracadabrantesques - mais combien savoureuses et pleines de bon sens - de notre duo infernal Gargantua-Pantagruel. Merci à notre ami Rabelais !



C'est une idée simple, mais efficace, qui permet à notre amie d'illustrer ses ouvrages.













Des fenêtres astucieusement aménagées dans le premier plat de chaque ouvrage permettent de voir directement l'image de couverture, qui devient à la fois page de titre et décor du livre.

Le papier de couverture se retourne, à travers les fenêtres, vers les contre-plats, où il devient alors "garde couleur collée", et en prolongement "garde volante".

Les plats sont montés suivant le mode dit des "plats rapportés". La tranchefile est faite "maison" à l'aide d'un cuir roulé sur un jonc.
 L'ensemble présente une grande cohérence et ne manque pas d'originalité.

C'est au tour de Camille de donner dans l'innovation.
Il s'agit cette fois d'un ouvrage didactique "Promenades botaniques", de F. Faideau, dans le genre "ouvrage de vulgarisation pour enfants et adolescents", comme il s'en est produit à foison à la fin du XIXème siècle.

Ici, l'innovation porte essentiellement sur la technique de mosaïque de cuir, à la base de la création des deux fleurs colorées au 1er plat.
Cette technique a déjà été évoquée dans l'article du 25 Juin: "Un bouquet de nouvelles techniques", où elle ne concernait que le seul titre "Astronomie" au 1er plat d'un livre.

Il était dit, et il y a lieu de le confirmer ici, que l'idée en avait préalablement été proposée par notre amie Aurélie, également pour le titre "La crève" d'un ouvrage qu'elle avait illustré en son temps (cf. "Deux nouvelles mosaïques de cuir", 29/04/2018). Pour cette raison, il serait justifié d'appeler cette technique: "méthode aurélienne".  Enfin si l'on veut être plus scientifique, on pourrait choisir indifféremment: "méthode par sertissage arrière".

Pour dépasser la réalisation de simples titres, Camille a réalisé cet ensemble de 2 fleurs sur la même idée de base. Résumons sommairement la technique. Le cuir de couvrure (marron), est monté sur une cartonette, puis les fleurs sont évidées au scalpel. Un patchwork de peaux verte (pour tiges et fleurs), orange (fleur de gauche), bleue (fleurs de droite), est collé au dos de l'ensemble, puis repoussé vers l'avant à l'émalène.
Pour un descriptif détaillé de la méthode, on consultera l'article du 20 Juillet 2019 dans le blog: www.restauration-livres-camille.blogspot.fr.

La "pastille" de titre au 1er plat est une pièce de titre standard sertie indépendamment, de manière classique (cf. Mosaïque de cuir, méthode François Voignier; 15/06/2017) dans la couvrure de fond .

La frise de feuillages au 4ème plat est réalisée par superposition des cuirs marron et vert, découpage et ré-assemblage (cf. Une technique de mosaïque de cuir, 10/02/2017).

 Le titre au dos est inséré dans une paire de nerfs en V non conventionnels. Toutes les dorures sont réalisées par le relieur.


mardi 25 juin 2019

Un livre pour Mr le Maire

Il l'aura attendu longtemps, certes; mais il l'aura eu !

Monsieur le Maire, le 9 Avril 2016, avait confié à notre formateur Marie-Odile Royer un livre de sa bibliothèque "Saint Louis", de Jacques Le Goff, avec pour mission de le lui rendre dûment relié. Hélas, l'entrée en maladie de Mme Royer, maladie qui l'emportera finalement en Juin 2018, mit un frein à l'opération, de sorte qu'au décès de Marie-Odile l'ouvrage restait encore au stade de l'arrondissure.
 
Non sans difficulté, l'ouvrage a pu être retrouvé dans son atelier, et deux de nos adhérents: Edmond et Pierre T. ont bien voulu se charger de la couvrure. L'ouvrage ainsi achevé a pu être remis en mains propres le 17 Juin à Mr le Maire, qui a félicité l'atelier de son travail et nous a assuré que ce livre allait promptement intégrer sa bibliothèque personnelle.






 Reliure plein chagrin, agrémentée de 5 fleurs de lys en relief, dos à 6 nerfs, intérieur fleurdelysé avec charnières de peau, tranchefiles de peaux en bandes alternées; le travail, pour la circonstance, se devait d'être soigné; Mr le Maire, visiblement, n'en attendait pas autant !