Eloge de la folie (Erasme), relié par Claude
Erasme, prêtre néerlandais (1466 env.-1536), grand voyageur mais surtout écrivain prolifique, est connu pour sa philosophie humaniste, ouvrant au monde un chemin vers la liberté de penser.Dans l’Eloge de la folie l’auteur fait parler une déesse « La Folie », vue à la fois comme un élément perturbateur mais aussi comme une source de progrès.

La lecture de ce monologue alternant entre férocité et humour caustique laisse souvent le lecteur dans la perplexité. On en retient surtout une volonté de rompre les codes, les certitudes des scholastiques, les pratiques obscurantistes, les leçons de sagesse des pédants...… tout cela sans se surestimer lui même puisqu’il termine son œuvre par ces mots « …vous êtes trop fous si vous croyez que je me souviens de ce que j’ai dit…je hais l’auditeur qui a bonne mémoire ».
Claude nous présente cet ouvrage sous un habillage de cuir beige, portant sur les deux faces un étrange motif de cuir rouge dont la signification reste obscure sinon qu'elle pourrait relever...de la pure folie.
Titre et auteur sont rapportées en lettres de cuir biscornues logées dans ce dessin en épousant les contours.
De cet ouvrage il ressort que Claude aime la littérature...à la folie.
Mademoiselle de la Ferté (Pierre Benoit), relié par Edmond
Anne de la Ferté, noble héritière du pays landais, fiancée à Jacques se verra supplantée dans le cœur de celui-ci au profit de Galswinthe de Saint Selve, qu’il épousera. Après le décès de Jacques, Galswinthe, malade, choisira de se réfugier chez Anne pour y trouver soin et réconfort.
Mais de cette étrange cohabitation il résultera entre ces deux femmes une relation ambiguë faite d’amitié (voire amour ?), compassion, vengeance rentrée…situation qui perdurera jusqu'au décès de Galswinthe
L’auteur, Pierre Benoit, aime décrire ces situations de la vie, inextricables dans la complexité des âmes et des sentiments humains. L'auteur ne nous donne pas la clé, tant est qu'il en ait une, et laisse au lecteur le soin d'y trouver la sienne.
Edmond illustre cet ouvrage dans un cuir rouge velouté, illustré au premier plat d'une mosaïque de cuir représentant en incrustation l'héroïne Anne de la Ferté.
Comme toujours, Edmond réalise ses dorures de titre à la feuille d'or, ses garde-couleurs à la cuve et ses tranchefiles de cuir.
Légende du Beau Pécopin (Victor Hugo), relié par Christine
Ce petit livre est en fait une des "Lettres de Voyage" que Victor Hugo écrivit puis rassembla en un seul ouvrage "Le Rhin" paru en 1842.L'origine est un conte de fées germanique, à la manière des fabliaux du
moyen-âge, mais en version revisitée au XIXème siècle avec une vision plus moderne.
Le beau Pécopin, fiancé à Bauldur, protégé par un talisman à son cou, se laisse envouter par le diable pour une chevauchée fantastique. Après 5 ans d'errements, Pécopin n'aura de cesse que de retrouver Bauldour, mais dès lors qu'il aura perdu son talisman, c’est une femme de 101 ans qu’il retrouvera dans son château.
Moralité, refuser de vieillir ne suffit pas pour arrêter le cours du temps.
Christine traite cet ouvrage dans un cuir marron et tente un exercice (un de plus) à base de fils enchâssés dans le cuir.
Le réseau de rainures ménagées dans le cuir tient de l'opération qu'on appelle "dorure à froid", qui, comme son nom ne l'indique pas, se fait à la palette "sans or" et "à chaud". L'exercice y est plus difficile qu'il n'y parait.
Christine s'en sort honorablement, sauf que...
Sauf que quoi...?
Bon, si vous voulez savoir, allez le demander à Christine !
Un Lieur publie (encore) dans Art & Métiers du Livre
Rédigé par Camille (réflexion libre)
On se rappelle que, dans le cas présent, la découpe laser permettait de placer exactement les pièces de la lettrine, comme dans un puzzle, sans risquer d’endommager le fond « or véritable » de la lettrine.
Bonne idée, peut-être ; mais de là à figurer dans la revue; Ouaouh ! ça vous gonfle un peu votre ego ! Un petit relieur amateur d’un petit club de banlieue demande à publier dans la revue de référence du livre, ça n’a pas de sens ! Ou alors…
Prenons du recul. Le livre imprimé, mis à mal par l’édition
numérique, va mal. La reliure professionnelle, première victime, ne survit guère
(et difficilement), que grâce aux besoins d’archivage des institutions (conseils régionaux,
notaires…). Quant à la reliure « amateur », qui eut son heure
florissante à travers une foule d’ateliers, aujourd’hui figée dans un carcan de
méthodes millénaires gravées dans le marbre, elle s’étiole entre les mains de groupuscules
vieillissants.
Alors chez AML on se dit (peut-être) que l’on pourrait
vaincre cette morosité par quelque idée nouvelle, quelque brin
d’inventivité, quelque son de cloche
dissonant, quelque brin de folie, d’où qu’ils viennent, par
exemple :
Pourquoi ne pas donner de la noblesse aux livres
d’aujourd’hui, si vilainement « carrés_collés » ?
Pourquoi ne pas
profiter des techniques modernes, outils de découpe, transfert d’images, broderie programmée etc.. ?
Pourquoi ne pas profiter des matériaux modernes, plexiglass, pâtes synthétiques...
En somme pourquoi ne pas
redonner un peu de fraicheur dans cette morosité ?
La peinture, l’architecture…ont su se réinventer en leur
temps ; pourquoi pas la reliure ?
J’ai des idées, nous avons des idées, vous avez des
idées…alors, réinventons la reliure...
et comme pour moi, AML, sans doute, vous accueillera.







































