Qui sommes nous ?



*************** QUI SOMMES NOUS ?
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Nous sommes une association d'amateurs qui pratiquons la reliure pour notre propre plaisir. Notre local se situe à Draveil, au Village des Associations, 42, rue du Bout des Creuses.
Notre atelier est ouvert les Samedi matin (9h-12h) et après-midi (14h-17h), le Mardi matin et le Jeudi matin, et cela toute l'année.
Nous recevrons avec plaisir toute personne intéressée par la mise en valeur ou la sauvegarde des livres, pour connaître notre travail, nous voir à l'ouvrage, poser des questions, éventuellement s'inscrire à notre atelier, pourquoi pas ? ... cela à tout moment de l'année.
Donc à bientôt.........


Un mot du rédacteur en chef Camille
Ce blog est le blog de tous les Lieurs. Chacun peut y intervenir librement, insérer du texte, des photos,... Il n'y a pas de censure. Certes, on le constatera; la signature est le plus souvent celle de Camille...timidité ? réticence devant l'ordinateur ? Allez savoir ! Peu importe; qui a choisi le rôle de rédacteur se doit de l'assumer !
Mais là n'est pas mon propos. Rédacteur, certes, mais pas formateur. Dans mes articles, je présenterai des travaux d'adhérents. Je n'ai pas qualité pour les juger. Le choix des œuvres présentées ne résulte que de la bonne volonté des adhérents de me les confier pour les photos. Les remarques que j'y ferai ne reflètent que l'impression d'un quidam qui, certes, aime les beaux livres, mais sans compétence particulière sur le sujet de la reliure. Je me donne la position d'un journaliste, aucunement celle d'un spécialiste. Je tenais à préciser ce point, afin qu'il n'y ait pas de malentendu.




samedi 26 septembre 2026

Les Lieurs se bougent la couenne

 28 Août: Christine reçoit deux stagiaires

Christine est parfaitement rodée à la conduite des stages d'initiation. Ce jour çi, ce sont Annick et Viviane qui l'ont sollicitée pour appréhender les bases de la reliure, chacune ayant apporté pour la circonstance un ouvrage qui lui tient à coeur.

Pour Viviane c'est sur l'ouvrage "Ne le dis à personne", roman policier américain d'Haarlam Cohen (2001), et pour Annick sur un autre roman policier "Le réseau", d'un autre américain John Grisham (2024), que nos deux amies ont fait leurs premières armes en reliure.

Nul doute, au vu de leur sourire, que la séance s'est bien passée, et que ....Peut-être, les verra-t-on revenir à l'atelier pour prolonger l'expérience !

 5 Septembre: Forum des Associations

Le Forum des associations est le passage annuel obligatoire, mais nécessaire, dans la vie de l'Association. Quatre membres du bureau, Marie-Laure, la Présidente, Camille, Christine et Jean-François, auxquels il faut ajouter Elisabeth, membre de l'Association, s'y sont collés cette année, par tranches d'environ 2 heures.

Mme Le Maire et son adjointe à la culture nous ont fait une petite visite qui leur a permis de faire connaissance avec notre nouveau bureau.

Journée dure, certes, dans une ambiance bruyante, quelque peu surchauffée (l'été 2026 restera dans les mémoires) ; on parle beaucoup, on voit beaucoup de monde, on prend beaucoup d'adresses... qu'en restera-t-il ? Peut-être guère plus qu'une présence dans le paysage...une manière d'exister, pas suffisante, mais nécessaire !

P.S. Les coupes sur l'étagère au dessus de Jean-François ne sont pas celles de l'année, ni celles de l'année dernière...En fait ce ne sont pas les notres !

19 Septembre: grand nettoyage d'automne

L'atelier n'avait pas vu pareille révolution depuis longtemps; nettoyage de l'atelier de fond en comble, remise en ordre des papiers, des livres à relier, des armoires aux ais et des armoires aux cuirs, sans compter le nettoyage intégral des sols à l'aspirateur puis à la lessive, rien n'a échappé à la fureur rénovatrice des opérateurs zélés.

Et les opérateurs, vous les reconnaitrez bien vite. Tous membres du bureau, histoire de donner l'exemple. Il faut dire que l'on n'avait pas mis la pression maximale sur les adhérents. Enfin, c'est bon pour cette fois...


Photo 1. Marie-Laure et Jean-François trient les papiers. Camille, au fond, trie les ais, Maryse trie les livres. Tout le monde trie, trie, trie...

Photo 2. Christine et Maryse trient les peaux. Mon Dieu quel bazar ! 

Au final tout est retourné dans les armoires.

Photos 3, Marie-Laure en Mère-Fouettard déclare ouvert le nettoyage des sols.

Photos 4 et 5. Il semblerait que l'on ait désigné une victime, Camille, pendant que les autres rigolent. On voit bien (photo5) Camille s'activer mollement, quand même avec un balai dans chaque main.

Au final l'atelier respirait le propre; on n'avait pas connu ça depuis longtemps.

25 Septembre: La fine fleur de la reliure draveilloise en goguette

Ce Vendredi, quelques lieurs, (parmi les meilleurs bien sûr), se sont offert une petite virée vers Saint-Rémy-Les-Chevreuse, où se tenait la Biennale internationale de reliure. Dès 9h30, Marie-Laure, Claude B. Camille, Robert prenaient place dans le spacieux véhicule de Jean-François, pour un périple culturel de (presque) la journée, qui restera dans les mémoires.

De belles reliures, on en a vu, certainement; des moins belles aussi... mais ne soyons pas injustes; on n'est pas des flèches non plus. La photo-ci-contre montre un livre qui a été primé. Les deux plats sont agrémentés d'un semis régulier de fleurs stylisées réalisées en fils incrustés, comme un espèce de broderie. De quoi plaire à Marie-Laure certainement.


Déjeuner à la pizzeria du coin, puis retour par le même véhicule. Arrrivée au village vers 16h; les routes du Vendredi après-midi ne pardonnent pas.

Quelques images du départ de Saint-Rémy.

C-contre, selfie devant la pizzeria.
Ci-dessous, à gauche. Surprise, Camille aurait-il gagné un prix. Réponse, non ! c'est le reste de sa pizza qu'il n'a pas finie.

Question, pourquoi Jean-François n'est-il pas sur les photos ? La réponse est sur la photo de droite (cliquez dessus pour agrandir); il est allé reprendre son véhicule pour le retour. Nous devons l'en remercier, tant pour le service rendu que pour sa gentillesse.

mercredi 2 septembre 2026

C'est la rentrée: le bureau donne l'élan...

 Chez les Lieurs, les membres du bureau ne sont pas forcément des bureaucrates apathiques; ils peuvent aussi être présents, quand il le faut, pour entrainer le mouvement. On pourra en juger au travers des quelques ouvrages qui vont vous être présentés, plein d'idées nouvelles pour un départ dynamique dès aujourd'hui.

L'ile des pingouins, d'Anatole France, relié par Marie-Laure

« L’ile des pingouins » est une fiction dans laquelle ce paisible animal, dûment baptisé, habillé, se trouvera induit à se comporter comme les humains….pour le pire plus que pour le meilleur. L’histoire de la « pingouinie » sera dès lors plus ou moins calquée sur l’histoire des hommes, en partie celle de la France, où l’on reconnait (plus ou moins) quelques épisodes déguisés. Sainte Orberose, autoproclamée patronne de la pingouinie et soit-disant capable de terrasser les dragons (les marsouins, alias les anglais, sans doute) représente-t-elle Jeanne d'Arc, qui prétendit seule bouter l'anglois hors de France. Anatole France nous laisse interpréter. 

Plus claire est la référence à l'affaire Dreyfus. Citons, comme exemple, le rapport d’analyse graphologique du juif Pirot, jugé coupable d'avoir volé du foin en faveur de l'ennemi : « l’infamie du traitre s’y voit à chaque ligne. Dans ce système d’écriture, ces mots « trois bocks et vingt francs pour Adèle» signifient «  J’ai livré trente mille bottes de foin à  une puissance voisine ». On a le droit d'en rire.

A travers plusieurs fragments d’histoire fantasmée, racontés avec un humour caustique ; l’auteur livre clairement sa pensée profonde sur la crédulité, la duplicité et la lâcheté des hommes.

Le roman s’achève sur une anticipation du monde futur, avec sa démesure sur tous les plans, qui devait trop bien se vérifier par la suite












Marie-Laure traite le sujet de manière sobre. Le pingouin seul au milieu des glaces apparait en relief inversé (découpe laser) au premier plat, tandis que le deuxième plat se résume à quelques traces de pas dans la neige, elles aussi en creux.

La principale difficulté technique consistait à prévoir pour chaque plat l'épaisseur suffisante pour permettre le "décaissement" du sujet par rapport au fond (carton double). Marie-Laure s'en tire en prévoyant un mors de hauteur double de chaque côté.

La réalisation très soignée, enrichie de matériaux précieux, telles les gardes-couleur en daim dans le cas présent, est un peu la marque de fabrique de Marie-Laure, forte de quatre années de reliure seulement. Cela ira loin, on n'en doute pas.

Les Fables de La Fontaine, reliées par Christine

Qui, chez les Lieurs, n'aura pas traité son édition des Fables de La Fontaine ?
Christine nous en présente une nouvelle version, à laquelle les dessins de Grandville ne donnent que plus de valeur.

En fait, dans le cas présent, il s'agit d'un choix réduit de 35 fables; indiqué en titre "pour les enfants".
Pour les enfants ! Voire !
Trois siècles et demi plus tard, enfants comme grands, qu'en a-t-on retenu  ?  Quelques grands classiques (corbeau, renard, cigale, fourmi...), quelques expression, quelques maximes; Voyons !

L'image du "héron emmanché d'un long cou" est largement passée dans l'imagerie populaire. Qui est capable d'en donner la morale ?
"Le héron au long bec emmanché d’un long cou...
quand l'appétit lui vint..."moi, des tanches, dit-il...et pour qui me prend-ton ?...
Il trouva du goujon... "j'ouvrirais pour si peu le bec !"
Il l'ouvrit pour bien moins...  fut heureux et tout aise, de rencontrer un limaçon

« On hasarde de perdre en voulant tout gagner "


L'ouvrage étant en mauvais état, Christine choisit de le reconstituer entièrement. L'image de couverture a été réincrustée dans le carton de couvrure, au centre d'un habillage de toile verte.
Les pages intérieures étant ainsi libérées, Christine opte pour un "montage sur onglets". 

On en connait le principe; chaque page est montée sur un onglet replié sur lui-même autant de fois que nécessaire pour reconstituer l'épaisseur de la feuille (photo de gauche ci-contre). Les onglets sont ensuite rassemblés suivant une couture ordinaire.
Christine choisit habilement un papier d'onglet assorti à la toile de couverture.

Au final, un ouvrage "presque neuf"

Frère Johannès Francus de nouveau parmi nous

Après nous avoir présenté un "graduel" (Voir "Un scriptorium à Draveil", 26 Mai 2025), Jean-François récidive avec une Bible dont l'état initial pourrait paraitre, à priori, décourageant.
Grand format (40 x 30env),  pages et couverture délabréees, il en faudrait plus pour décourager un moine Lieur.

L'ouvrage fait partie d'un ensemble de 3 tomes, dont celui-ci est le tome majeur, sous le titre "La Sainte Bible traduite en françois avec des notes littérales tirées des Saints Pères". Les autres titres portent sur les évangiles canoniques et apocryphes, et font l'objet de deux autres tomes.

Le texte du présent volume est une traduction de la Bible due au janséniste "Lemaistre de Sacy", essentiellement basée sur la vulgate de Saint Jérome. Son originalité réside dans l'addition des notes des Pères de l'Eglise pour "éclairer les passages ardus" (titre).

Jean-François opte pour une reconstitution complète de l'ouvrage; ce que l'on peut comprendre !.

Nettoyage, renforcement et complémentation des pages, pose d'onglets constituent déjà un travail important eu égard à l'état initial de l'ouvrage. Par la suite, pour la couture, le format de l'ouvrage  nécessite un cousoir de grande taille, relativement inconfortable à utiliser.

Si la suite du travail reste classique dans le principe, la difficulté persiste à tous les niveaux en raison de la dimension de l'ouvrage.
 
Demi-cuir fauve avec nerfs pour le dos, box noir pour les plats constituent à la base l'habillage du volume.
Plats et dos sont agrémentés, pour les plats, d'un léger décor de durure à froid , et pour le dos d'un titrage à l'or avec un fleuron.

L'ensemble consitue, on l'aura compris, un travail considérable.


Maryse oeuvre pour ses petits enfants.

Mon premier Larousse en couleurs, dictionnaire en couleurs pour les enfants, a certainement fait la joie de nombreux Lieurs...dans leur enfance.

Edité en 1953, il se dégage radicalement des formats traditionnels pour adopter une facture résolument moderne: format à l'italienne, imagerie de bande dessinée, définitions adaptées à l'enfant, l'ouvrage fut un très grand succès de la littérature enfantine.



L'ouvrage pourrait encore mériter cette place aujourd'hui, sauf que les définitions apparaissent quelque peu
 connotées par l'univers familal de l'époque : "Maman paie ses achats à la CAISSE du magasin", pendant que "Papa prend un CAFE après le déjeuner". Qui a fait le café et qui fait les courses ? Devinez !

Pour Maryse, le travail consistait à la réfection du livre, dont les plats se détachaient du dos qui lui même ne tenait plus au corps d'ouvrage. Ce type de restauration présente une vraie difficulté, en ce sens que les deux faces d'un plat sont décorées d'illustrations que l'on ne saurait sacrifier. Dans ce mode de construction, commun à la plupart des BD, la contre-page intérieure peut en général être légèrement soulevée à partir du débord de la mousseline, ce qui dégage une petite surface (largeur 8mm minimum) permettant de monter le plat sur un onglet. Le livre se trouve ainsi reconstruit, sauf le faux-dos.

Problème, l'illustration extérieure ne peut être soulevée sans destruction partielle. Il ne reste alors qu'une solution: fendre les cartons côté mors. Un faux-dos rigide est provisoirement disposé sur le dos du livre. Une toile couvrant ce faux-dos est insérée dans les deux fentes, puis recouverte de l'image papier originale que l'on a pris soin de récupérer.
Sur la photo de gauche, on aperçoit la toile verte qui supporte le faux-dos, insérée dans les fentes du carton. A droite, les zones proches des mors pour les deux plats, vues de face, sont présentées face à face.
Après quelques retouches de couleur, le fendage des cartons apparait finalement peu visible.

Pour Maryse, une bonne initiation à la restauration, dans un cas plus délicat qu'il n'y parait.

Camille se fait l'écho...de l'ancienne mode

A travers cette collection du journal "Le petit Echo de la Mode", années 1927-1928, Camille ne cherche à démontrer aucune performance de relieur.
Plus simplement, l'objectif est d'illustrer un cas, voire en discuter l'intérêt, de la récupération de vieux journaux à prori voués à la destruction.

La collection se présentait comme une liasse grossièrement ficelée, contenant deux années du journal passablement effrangées . Quelques numéros manquent, la couturière, pourtant soigneuse, a dû les prêter à quelque amie qui; bien sûr, a oublié de les rendre.
Pour corser l'affaire, toutes les pages 13-14 sont absentes, visiblement en raison d'un prélèvement systématique pour usage pratique (patron de montage ?). Ajoutons de nombeux défauts, manques, déchirures, ... l'ensemble méritait-il un autre sort que le pilon ?

Peut-être ! et pourtant ! 

Parcourons. Les pages 1 et 16 du journal constituent un ensemble de 200 belles gravures couleurs (photos 1-2 ci-dessus), les pages 8-9 formant une centaine de gravures double-page de même facture (photo 4 ci-contre). Le reste porte, outre quelques romans, quelques articles pratiques, et surtout les incroyables publicités de l'époque (photos 3 et 5). Univers de femmes, plates suivant la mode de l'époque; univers sans hommes, car les femmes cousent pour elles et pour leurs enfants. (Les maris ont les moyens de s'offrir le tailleur)...Un vrai voyage dans le temps. 

Sans valeur tout cela ? Sans valeur marchande, c'est sûr. Document rare pourtant; journaux que tout le monde jette après usage !.

Camille n'a pas eu le coeur de jeter ! Il les a reliés; voici ce que çela donne.

Petits problèmes, certes: ne pas fragmenter la double gravure du centre. Camille s'en tire en inversant cette double page, qui, légèrement raccourcie est intégrée à la couture sur un seul bord (photo 4). Certains manques de papier (prélèvement de coupons commerciaux) sont comblés d'un papier gris qui ne cherche pas à tromper (photo 7). Pour finir, montage standard sous la forme de 4 demi-années, plus faciles à consulter que des années complètes, couvrure demi-cuir-toile et pièces de titre à l'oeser, pages de garde blanches (photo 6), c'est tout.

Le travail en valait-il la chandelle? Au lecteur de juger ! !