Trois siècles et demi plus tard, enfants comme grands, qu'en a-t-on retenu ? Quelques grands classiques (corbeau, renard, cigale, fourmi...), quelques expression, quelques maximes; Voyons !
L'image du "héron emmanché d'un long cou" est largement passée dans l'imagerie populaire. Qui est capable d'en donner la morale ?
"Le héron au long bec emmanché d’un long cou...
quand l'appétit lui vint..."moi, des tanches, dit-il...et pour qui me prend-ton ?...
Il trouva du goujon... "j'ouvrirais pour si peu le bec !"
Il l'ouvrit pour bien moins... fut heureux et tout aise, de
rencontrer un limaçon
« On hasarde de perdre en voulant tout gagner "
L'ouvrage étant en mauvais état, Christine choisit de le reconstituer entièrement. L'image de couverture a été réincrustée dans le carton de couvrure, au centre d'un habillage de toile verte.
Les pages intérieures étant ainsi libérées, Christine opte pour un "montage sur onglets".
On en connait le principe; chaque page est montée sur un onglet replié sur lui-même autant de fois que nécessaire pour reconstituer l'épaisseur de la feuille (photo de gauche ci-contre). Les onglets sont ensuite rassemblés suivant une couture ordinaire.
Christine choisit habilement un papier d'onglet assorti à la toile de couverture.
Au final, un ouvrage "presque neuf"
Frère Johannès Francus de nouveau parmi nous

Après nous avoir présenté un "graduel" (Voir "Un scriptorium à Draveil", 26 Mai 2025), Jean-François récidive avec une Bible dont l'état initial pourrait paraitre, à priori, décourageant.
Grand format (40 x 30env), pages et couverture délabréees, il en faudrait plus pour décourager un moine Lieur.
L'ouvrage fait partie d'un ensemble de 3 tomes, dont celui-ci est le tome majeur, sous le titre "La Sainte Bible traduite en françois avec des notes littérales tirées des Saints Pères". Les autres titres portent sur les évangiles canoniques et apocryphes, et font l'objet de deux autres tomes.
Le texte du présent volume est une traduction de la Bible due au janséniste "Lemaistre de Sacy", essentiellement basée sur la vulgate de Saint Jérome. Son originalité réside dans l'addition des notes des Pères de l'Eglise pour "éclairer les passages ardus" (titre).
Jean-François opte pour une reconstitution complète de l'ouvrage; ce que l'on peut comprendre !.
Nettoyage, renforcement et complémentation des pages, pose d'onglets constituent déjà un travail important eu égard à l'état initial de l'ouvrage. Par la suite, pour la couture, le format de l'ouvrage nécessite un cousoir de grande taille, relativement inconfortable à utiliser.
Si la suite du travail reste classique dans le principe, la difficulté persiste à tous les niveaux en raison de la dimension de l'ouvrage.
Demi-cuir fauve avec nerfs pour le dos, box noir pour les plats constituent à la base l'habillage du volume.
Plats et dos sont agrémentés, pour les plats, d'un léger décor de durure à froid , et pour le dos d'un titrage à l'or avec un fleuron.
L'ensemble consitue, on l'aura compris, un travail considérable.
Maryse oeuvre pour ses petits enfants.
Mon premier Larousse en couleurs, dictionnaire en couleurs pour les enfants, a certainement fait la joie de nombre de Lieurs...dans leur enfance.
Edité en 1953, il se dégage radicalement des formats traditionnels pour adopter une facture résolument moderne: format à l'italienne, imagerie de bande dessinée, définitions adaptées à l'enfant, l'ouvrage fut un très grand succès de la littérature enfantine.
L'ouvrage pourrait encore mériter cette place aujourd'hui, sauf que les définitions apparaissent quelque peu connotées par l'univers familal de l'époque : "Maman paie ses achats à la CAISSE du magasin", pendant que "Papa prend un CAFE après le déjeuner". Qui a fait le café et qui fait les courses ? Devinez !
Pour Maryse, le travail consistait à la réfection du livre, dont les plats se détachaient du dos qui lui même ne tenait plus au corps d'ouvrage. Ce type de restauration présente une vraie difficulté, en ce sens que les deux faces d'un plat sont décorées d'illustrations que l'on ne saurait sacrifier. Dans ce mode de construction, commun à la plupart des BD, la contre-page intérieure peut en général être légèrement soulevée à partir du débord de la mousseline, ce qui dégage une petite surface (largeur 8mm minimum) permettant de monter le plat sur un onglet. Le livre se trouve ainsi reconstruit, sauf le faux-dos.
Problème, l'illustration extérieure ne peut être soulevée sans destruction partielle. Il ne reste alors qu'une solution: fendre les cartons côté mors. Un faux-dos rigide est provisoirement disposé sur le dos du livre. Une toile couvrant ce faux-dos est insérée dans les deux fentes, puis recouverte de l'image papier originale que l'on a pris soin de récupérer.
Sur la photo de gauche, on aperçoit la toile verte qui supporte le faux-dos, insérée dans les fentes du carton. A droite, les zones proches des mors pour les deux plats, vues de face, sont présentées face à face.
Après quelques retouches de couleur, le fendage des cartons apparait finalement peu visible.
Pour Maryse, une bonne initiation à la restauration, dans un cas plus délicat qu'il n'y parait.
Camille se fait l'écho...de l'ancienne mode
A travers cette collection du journal "Le petit Echo de la Mode", années 1927-1928, Camille ne cherche à démontrer aucune performance de relieur.
Plus simplement, l'objectif est d'illustrer un cas, voire en discuter l'intérêt, de la récupération de vieux journaux à prori voués à la destruction.
La collection se présentait comme une liasse grossièrement ficelée, contenant deux années du journal passablement effrangées . Quelques numéros manquent, la couturière, pourtant soigneuse, a dû les prêter à quelque amie qui; bien sûr, a oublié de les rendre.
Pour corser l'affaire, toutes les pages 13-14 sont absentes, visiblement en raison d'un prélèvement systématique pour usage pratique (patron de montage ?). Ajoutons de nombeux défauts, manques, déchirures, ... l'ensemble méritait-il un autre sort que le pilon ?
Peut-être ! et pourtant !
Parcourons. Les pages 1 et 16 du journal constituent un ensemble de 200 belles gravures couleurs (photos 1-2 ci-dessus), les pages 8-9 formant une centaine de gravures double-page de même facture (photo 4 ci-contre). Le reste porte, outre quelques romans, quelques articles pratiques, et surtout les incroyables publicités de l'époque (photos 3 et 5). Univers de femmes, plates suivant la mode de l'époque; univers sans hommes, car les femmes cousent pour elles et pour leurs enfants. (Les maris ont les moyens de s'offrir le tailleur)...Un vrai voyage dans le temps.
Sans valeur tout cela ? Sans valeur marchande, c'est sûr. Document rare pourtant; journaux que tout le monde jette après usage !.
Camille n'a pas eu le coeur de jeter ! Il les a reliés; voici ce que çela donne.
Petits problèmes, certes: ne pas fragmenter la double gravure du centre. Camille s'en tire en inversant cette double page, qui, légèrement raccourcie est intégrée à la couture sur un seul bord (photo 4). Certains manques de papier (prélèvement de coupons commerciaux) sont comblés d'un papier gris qui ne cherche pas à tromper (photo 7). Pour finir, montage standard sous la forme de 4 demi-années, plus faciles à consulter que des années complètes, couvrure demi-cuir-toile et pièces de titre à l'oeser, pages de garde blanches (photo 6), c'est tout.
Le travail en valait-il la chandelle? Au lecteur de juger ! !
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