Qui sommes nous ?



*************** QUI SOMMES NOUS ?
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Nous sommes une association d'amateurs qui pratiquons la reliure pour notre propre plaisir. Notre local se situe à Draveil, au Village des Associations, 42, rue du Bout des Creuses.
Notre atelier est ouvert les Samedi matin (9h-12h) et après-midi (14h-17h), le Mardi matin et le Jeudi matin, et cela toute l'année.
Nous recevrons avec plaisir toute personne intéressée par la mise en valeur ou la sauvegarde des livres, pour connaître notre travail, nous voir à l'ouvrage, poser des questions, éventuellement s'inscrire à notre atelier, pourquoi pas ? ... cela à tout moment de l'année.
Donc à bientôt.........


Un mot du rédacteur en chef Camille
Ce blog est le blog de tous les Lieurs. Chacun peut y intervenir librement, insérer du texte, des photos,... Il n'y a pas de censure. Certes, on le constatera; la signature est le plus souvent celle de Camille...timidité ? réticence devant l'ordinateur ? Allez savoir ! Peu importe; qui a choisi le rôle de rédacteur se doit de l'assumer !
Mais là n'est pas mon propos. Rédacteur, certes, mais pas formateur. Dans mes articles, je présenterai des travaux d'adhérents. Je n'ai pas qualité pour les juger. Le choix des œuvres présentées ne résulte que de la bonne volonté des adhérents de me les confier pour les photos. Les remarques que j'y ferai ne reflètent que l'impression d'un quidam qui, certes, aime les beaux livres, mais sans compétence particulière sur le sujet de la reliure. Je me donne la position d'un journaliste, aucunement celle d'un spécialiste. Je tenais à préciser ce point, afin qu'il n'y ait pas de malentendu.




vendredi 27 mars 2026

Quelques grains de folie...

 Eloge de la folie (Erasme), relié par Claude

Erasme, prêtre néerlandais (1466 env.-1536), grand voyageur mais surtout écrivain prolifique, est connu pour sa philosophie humaniste, ouvrant au monde un chemin vers la liberté de penser.

Dans l’Eloge de la folie l’auteur fait parler une déesse « La Folie », vue à la fois comme un élément perturbateur mais aussi comme une source de progrès. 

La lecture de ce monologue alternant entre férocité et humour caustique laisse souvent le lecteur dans la perplexité.  On en retient surtout une volonté de rompre les codes, les certitudes des scholastiques, les pratiques obscurantistes, les leçons de sagesse des pédants...… tout cela sans se surestimer lui même puisqu’il termine son œuvre par ces mots  « …vous êtes trop fous si vous croyez que je me souviens de ce que j’ai dit…je hais l’auditeur qui a bonne mémoire ».

Claude nous présente cet ouvrage sous un habillage de cuir beige, portant sur les deux faces un étrange motif de cuir rouge dont la signification reste obscure sinon qu'elle pourrait relever...de la pure folie.

Titre et auteur sont rapportées en lettres de cuir biscornues logées dans ce dessin en épousant les contours.

 De cet ouvrage il ressort que Claude aime la littérature...à la folie.

Mademoiselle de la Ferté (Pierre Benoit), relié par Edmond

Anne de la Ferté, noble héritière du pays landais, fiancée à Jacques se verra supplantée dans le cœur de celui-ci au profit de Galswinthe de Saint Selve, qu’il épousera. Après le décès de Jacques, Galswinthe, malade, choisira de se réfugier chez Anne pour y trouver soin et réconfort. 

Mais de cette étrange cohabitation il résultera entre ces deux femmes une relation ambiguë faite d’amitié (voire amour ?), compassion,  vengeance rentrée…situation qui perdurera jusqu'au décès de Galswinthe

L’auteur, Pierre Benoit, aime décrire ces situations de la vie, inextricables dans la complexité des âmes et des sentiments humains. L'auteur ne nous donne pas la clé, tant est qu'il en ait une, et laisse au lecteur le soin d'y trouver la sienne.

 Edmond illustre cet ouvrage dans un cuir rouge velouté, illustré au premier plat d'une mosaïque de cuir représentant en incrustation l'héroïne Anne de la Ferté.

Comme toujours, Edmond réalise ses dorures de titre à la feuille d'or, ses garde-couleurs à la cuve et ses tranchefiles de cuir.

Légende du Beau Pécopin (Victor Hugo), relié par Christine

Ce petit livre est en fait une des "Lettres de Voyage" que Victor Hugo écrivit puis rassembla en un seul ouvrage "Le Rhin" paru en 1842.

L'origine est un conte de fées germanique, à la manière des fabliaux du moyen-âge, mais en version revisitée au XIXème siècle avec une vision plus moderne.

Le beau Pécopin, fiancé à Bauldur, protégé par un talisman à son cou, se laisse envouter par le diable pour une chevauchée fantastique. Après 5 ans d'errements, Pécopin n'aura de cesse que de retrouver Bauldour, mais dès lors qu'il aura  perdu son talisman, c’est une femme de 101 ans qu’il retrouvera dans son château. 

Moralité, refuser de vieillir ne suffit pas pour arrêter le cours du temps.

Christine  traite cet ouvrage dans un cuir marron et tente un exercice (un de plus) à base de fils enchâssés dans le cuir.

Le réseau de rainures ménagées dans le cuir tient de l'opération qu'on appelle "dorure à froid", qui, comme son nom ne l'indique pas, se fait à la palette "sans or" et "à chaud". L'exercice y est plus difficile qu'il n'y parait.

Christine s'en sort honorablement, sauf que...

Sauf que quoi...?

Bon, si vous voulez savoir, allez le demander à Christine !

Un Lieur publie (encore) dans Art & Métiers du Livre

Rédigé par Camille (réflexion libre)

 Eh oui, c’est Camille, votre serviteur, rédacteur en chef (mais chef de personne) de ce blog, qui pour la deuxième fois (pour la première, voir «Numéro de Mai-Juin 2020; "La reliure des livres brochés...", p. 29-31)  place un article dans la fameuse revue.

Dans cet article intitulé "La découpe numérique, aide à la création de décor" (Numéro de Mars-Avril 2026, p . 26-29)  j’essaie de démontrer l’avantage de la découpe laser pour la réalisation de décor, à travers un exemple, ici la réalisation d’une « lettrine » telle que celle qui a été relatée sommairement dans ce blog (v. 26 Mars 2025, Un scriptorium à Draveil, "La lettrine de Camille" ).

On se rappelle que, dans le cas présent, la découpe laser permettait de placer exactement les pièces de la lettrine, comme dans un puzzle, sans risquer d’endommager le fond « or véritable » de la lettrine. 

Bonne idée, peut-être ; mais de là à figurer dans la revue; Ouaouh ! ça vous gonfle un peu votre ego ! Un petit relieur amateur d’un petit club de banlieue demande à publier dans la revue de référence du livre, ça n’a pas de sens ! Ou alors…

Prenons du recul. Le livre imprimé, mis à mal par l’édition numérique, va mal. La reliure professionnelle, première victime, ne survit guère (et difficilement), que grâce aux besoins d’archivage  des institutions (conseils régionaux, notaires…). Quant à la reliure « amateur », qui eut son heure florissante à travers une foule d’ateliers, aujourd’hui figée dans un carcan de méthodes millénaires gravées dans le marbre, elle s’étiole entre les mains de groupuscules vieillissants.

Alors chez AML on se dit (peut-être) que l’on pourrait vaincre cette morosité par quelque idée nouvelle, quelque brin d’inventivité,  quelque son de cloche dissonant, quelque brin de folie, d’où qu’ils viennent,  par exemple :

Pourquoi ne pas donner de la noblesse aux livres d’aujourd’hui, si vilainement « carrés_collés » ?

Pourquoi  ne pas profiter des techniques modernes, outils de découpe, transfert d’images, broderie programmée etc.. ?

Pourquoi ne pas profiter des matériaux modernes, plexiglass, pâtes synthétiques...

 En somme pourquoi ne pas redonner un peu de fraicheur dans cette morosité ?

La peinture, l’architecture…ont su se réinventer en leur temps ; pourquoi pas la reliure ?

J’ai des idées, nous avons des idées, vous avez des idées…alors, réinventons la reliure...

et comme pour moi, AML, sans doute, vous accueillera.

mercredi 7 janvier 2026

Pour l'amour de l'art

 Edouard Manet, refusé au Salon, adopté par Christine

Le jeune Edouard rêve de peinture ; mais voilà, papa magistrat n’aime pas ; plutôt officier de marine ? ou fonctionnaire (dans la magistrature, bien, sûr) ? Non ! Edouard préfère la peinture ; son professeur, Couture, peintre établi, n’aime pas les rebelles ; ça tombe mal ! séparation à l’amiable. Alors "Le Salon", peut-être,  pour se faire connaitre ? Loupé ! Edouard est refusé. La trajectoire sans faute d’un non-conformiste têtu.

Edouard a compris. Le raté a choisi sa voie. Il sera…lui-même.

La suite ; une vie en dents de scie. "Refusé", puis "Honorable" puis "Refusé", puis "Repêché"... l’Impératrice l’aidera discrètement à créer « Le Salon des Refusés », que l’empereur boudera. « Le bain », « Le déjeuner sur l’herbe », « Olympia » : la bourgeoisie de Paris se presse pour voir ça…et crier au scandale. Alors il créera « Le Christ aux anges », pour se racheter, et sera…refusé…mais célèbre.

La vie de Manet est racontée avec passion dans ce livre d'Albert Flament, que Christine nous apporte sous une belle livrée noire et rouge.


Pour la déco, Christine a confisqué la palette d'Edouard, avec tous ses pinceaux. Laquelle palette est opportunément chargée de couleurs, sous la forme d'une multitude de petits carreaux de cuir formant mosaïque. Le dernier challenge de Christine, en somme;  on a l'habitude ! 

Gardes-couleurs et tranchefiles bigarrées; Il semblerait bien qu'il soit question d'un peintre !  

Une leçon d''anatomie mixte (2 reliures, par Camille)

Ce traité d’anatomie artistique en deux volumes : 1 L’homme, 2 La femme, est en fait un cours de dessin à destination des élèves des Beaux-Arts, et a pour but de dégager les formes caractéristiques des deux sexes. On ne s’étonnera pas qu’il soit l’œuvre d’un médecin, Paul Richer, lequel, mieux que personne, connait les structures internes de l’être humain, lesquelles seules permettent d’en comprendre les formes extérieures, et mieux encore la cinématique des mouvements.

Les deux textes ne sont pas indépendants, car en fait la structure de base des deux sexes est la même, et fait essentiellement l’objet du premier volume : l’homme, qu’il faut comprendre au sens de « l’être humain ». Seules les masses musculaires plus apparentes chez l’homme-masculin justifient la spécificité de ce premier tome.  Le second tome s’appuie sur cette structure commune pour la complémenter des volumes charnus ou graisseux plus spécifiques à la femme.

L’ensemble porte uniformément la rigueur scientifique du médecin ; et c’est à l’artiste qu’il appartient de recomposer ces données pour figurer, à son gré, mouvements corporels, expressions du visage, effets de puissance ou de délicatesse des corps… qui constituent l’âme de son projet artistique


Pour rassembler ces deux ouvrages, Camille  a choisi l'option du livre double, qui d'un côté ouvre sur le tome 1, "l'homme' et de l'autre sur le tome 2, "la femme". La photo ci-dessus présente  aux deux extrêmes les plats des 2 volumes, entre lesquels sont figurés les deux modes d'ouverture de l'ensemble. On voit que les deux volumes portent en commun leur deuxième plat.

Titres et auteur sont reportés sur les dos dans deux pièces de titre fleurdelisées.

Un tel ouvrage requiert, pour le rangement, un étui adapté. Pour cela, Camille reprend son modèle maintenant habituel d'étui tronqué, toutefois  découpé sur les flancs des mêmes formes homme/femme des premiers plats.

Il va sans dire que les nombreuses découpes coordonnées de l'ensemble sont réalisées à l'aide de l'outil Laser, particulièrement commode pour la réalisation de formes répétitives.

Cocteau, l'homme orchestre, relié par Christine

Ce recueil de poèmes de Jean Cocteau le poète peut à lui seul donner une idée de Jean Cocteau, l’homme. Poésie fantasque, désordonnée, désarticulée, douce puis brutale à l'avenant …elle surprend à peine chez cet homme kaléidoscope, écrivain un jour, poète un autre, homme de théâtre, cinéaste, metteur en scène, peintre, dessinateur...; Cocteau est tout cela et laissera son empreinte sur tous les terrains de la culture.

Quant à sa poésie, elle surfe sur la langue française en jouant des ambiguïtés, des évocations, des double-sens …de sorte que sa lecture réclame à minima un certain effort d’analyse….

« …Persiennes vous êtes côtes / de crucifié sur la mer,/ Fenêtres on compte les côtes/ entre vos bras de verre ouverts ».

Oserait-on parler (un peu) d’hermétisme ? (ndlr). Au lecteur de juger.

C'est dans une robe assez simple (une fois n'est pas coutume), que Christine habille son ouvrage.
Un chagrin presque satiné, couleur chanvre, au premier plat, le reste dans un cuir rouge lisse; voilà pour la couvrure.

Des lettres de cuir découpées avec précision, logées dans un décaissement au premier plat, composent le titre "Cocteau".

C'est sobre, mais la reliure ça sert aussi à ça, à sauver des ouvrages que l'on veut conserver, tout simplement.