

Ce journal donna ensuite naissance à plusieurs titres, tous consacrés à la mode et à la lingerie, en particulier "La Capricieuse, Journal des Modes Parisiennes", sous une maquette très semblable à celle de son ancêtre, et dont la première année paraitra à partir de Novembre 1837.
Edmond a pu se procurer la première année de ces deux journaux.
Ce sont donc deux jolis documents que notre ami a eu soin de mettre en valeur en créant, pour chacun, une habillage digne de son contenu.

Signalons une difficulté particulière à ce type d'ouvrage; la nécessité de permettre le déploiement aisé et sans dommage des "patrons", question qui sera résolue par la technique dite du" montage sur onglets".
Les photos ci-après montrent en détail le travail effectué sur les plats.
Les premiers plats, à gauche, témoignent d'un travail important de mosaïque de cuir, réalisé à partir de pièces de peau de différentes couleurs, éventuellement retravaillées. C'est le cas par exemple de la robe du 1er ouvrage, où une résille blanche posée sur fond de cuir de rouge met le vêtement en parfaite harmonie avec le style du journal.
Les figurines sont en légère incrustation dans la peau de la couvrure. Les cartons ainsi dégagés lors de la découpe des formes sont repris aux deuxièmes plats, pour rappeler, cette fois en relief et en inversé, les figurines des premiers plats, lesquelles apparaissent ainsi comme des silhouettes.
On trouvera ci-contre quelques détails complémentaires. Les gardes-couleurs sont coupées dans un papier marbré glacé assorti à la couvrure.
Les titres aux dos "à la chinoise", sont constitués de lettres relief, découpées dans de la cartonnette puis habillées de peau par pression à l'émalène.
Les tranchefiles sont réalisées par le relieur à l'aide de fines bandes de peau.
Une innovation intéressante consiste dans le faux arrondi du dos, réalisé en fait à l'aide d'un profilé de bois plat-arrondi, qui permet l'ouverture totale du livre sans déformation.
Cette réalisation témoigne des nombreux savoir-faire acquis par le relieur au cours des années, et que nul ne peut lui contester. Merci Edmond pour ce beau travail.
Reportage réalisé par Camille